oct 092012
 

La nuit a été calme derrière nos moustiquaires… Ce matin lever de bonne heure, nous avons une grosse journée dans le parc. Nous commençons par une balade en pirogue sur une rivière. Nous sommes bien calés dans le fond, sur une petite chaise en bois sans pieds. Il vaut mieux ne pas trop bouger, la pirogue a tendance à tanguer… C’est agréable de se laisser filer au fil de l’eau. Nous apercevons assez vite quelques crocos en train de se réchauffer au soleil naissant, sur les berges. Ces animaux hétérothermes (au sang froid) ont besoin d’élever leur température corporelle avant de se mettre en action. Il y a aussi beaucoup d’oiseaux dont de magnifiques martin-pêcheurs au dos d’un bleu éclatant. La descente dure une bonne demi-heure.

Nous quittons ensuite notre frêle esquif pour une balade à pied. Nous nous enfonçons dans la forêt. Après seulement quelques minutes, voici le premier animal, un petit cervidé. Nous pouvons nous approcher très près, c’est une carcasse!!! Sans doute le repas de la dernière nuit du seigneur tigre… Il y a aussi de belles termitières. Fameux immeubles pour ces insectes, entre 1 et 2 m de haut. La forêt se fait de plus en plus dense. La variété d’arbre principale est le sal, un beau grand arbre au bois dur, l’équivalent de notre chêne. Certains sont parcourus par de grosses lianes qui entourent leurs troncs puis se perdent dans le feuillage. La forêt est aussi très humide. Les branches supérieures, près de la lumière, sont parfois couvertes de plantes épiphytes comme les fougères ou les orchidées. Elles se fixent sur la mousse des branches et vivent un peu comme un parasite de l’arbre qui les supportent. Les orchidées ont de longues racines aériennes. Nous traversons de petits ruisseaux sur des petits ponts de bois rudimentaires. Nous voici proches d’un grand étang. Un rhinocéros se prélasse dans l’eau, enfoncé jusqu’au garrot. Il broute l’herbe tendre qui pousse dans l’étang. Le rhinocéros unicorne indien est une des espèces emblématiques du parc. On n’en trouve pratiquement plus qu’ici. La population tend à augmenter, plus de 400, ce qui est une excellente nouvelle pour cette espèce menacée. Son habitat naturel ne cesse de diminuer et il est aussi victime du braconnage pour les soi-disants vertus aphrodisiaques de sa corne.

Nous poursuivons notre balade jusqu’au centre d’élevage des éléphants. Tous les éléphants qui travaillent dans le parc sont issus de ce centre d’élevage. Il y a une quinzaines de mères avec leur petit. Ils sont mignons malgré les 300 kg qu’ils pèsent dès la naissance. Un éléphant a besoin de 200 kg de fourrage par jour et plus de 80 l d’eau! Il y a 5 ans, des jumeux sont nés ici, deux mâles. Ils ont déjà bien grandi mais restent encore avec leur mère. La gestation d’un éléphant dure 2 ans.

A 10h30, retour à l’hôtel. Plusieurs éléphants se rassemblent ici, une fois leur travail de bus de jungle pour touristes fini. Ils sont désharnachés et c’est l’heure du bain rafraîchissant dans la rivière. Encore une occasion de gagner quelques roupies pour les cornacs, les touristes sont invités à grimper sur le dos des pachydermes et à prendre une douche de trompe! Vous vous en doutez, il y en a 2 à qui il n’a pas fallut le proposer deux fois!!! Vite en maillot, et voilà Lilou et Sacha juchés sur le dos d’un éléphant. Aux ordres du cornac, la bête rempli sa trompe, la courbe vers l’arrière et arrose généreusement ses passagers. Quelle joie pour les enfants! Et papa se laisse bien entendu tenter aussi… Moments magiques de proximité avec ce mastodonte si imposant mais qui semble si doux et si docile. Après la douche, l’élephant se couche dans l’eau et son maître le frictionne énergiquement avec une pierre ponce sur tout le corps. Il a l’air d’apprécier ça! C’est sûr, demain on remet ça…

Après le dîner, nouvelle escapade dans le parc mais en jeep cette fois. Nous traversons la forêt entrecoupées de vastes étendues herbeuses. Ces herbes peuvent mesurer jusque 8 m de haut. Elles ne sont pas encore aussi grandes mais bouchent bien l’horizon! Au détour d’un virage, nœud rhinos nous attendent, une mère et son gros bébé. Quelle bête impressionnante! Nous nous sommes arrêtés à une vingtaine de mètres. Ils nous ont vu mais restent là à nous observer, le petit s’étant caché derrière sa mère. Lorsqu’une deuxième jeep arrive derrière nous, c’en est trop, la petite famille s’enfuit dans les hautes herbes, la balade continue. En chemin nous apercevons encore quelques cervidés et oiseaux. Nous arrivons ensuite à un centre d’élevage de crocodiles. Ils sont répartis en fonction de leur âge et donc de leur taille, dans différents bassins. Cet élevage travaille en collaboration avec La Ferme aux Crocodiles de Pierrelatte que nous avons déjà visitée il y a quelques années lors de vacances en Ardèche. Bon, évidement c’est moins impressionnant. Il y a deux espèces de crocos dans le parc: des gavials au long bec qui se nourrissent exclusivement de poissons, ils peuvent mesurer jusque 4m ; et des crocodiles des marais qui ont une bouche moins longue mais tout aussi bien garnie…  Retour ensuite vers l’entrée du parc, nous observons quelques macaques rhésus en chemin.

 

 

 

Puis c’est le retour à l’hôtel. Quelle journée bien remplie! Nous restons malgré tout un peu sur notre fin. C’est le problème lorsqu’il faut chercher les animaux dans une végétation dense. En Afrique, dans les vastes plaines de savane, les animaux sont plus faciles à observer. Ici il faut avoir de la chance. Au centre d’élevage des crocos, nous avons retrouvé un chinois qui était dans le car avec nous et avec qui Benoît avait discuté. Il lui demande si nous avons vu des animaux et Benoît, pour plaisanter, lui dit « Oui, 4 tigres, 6 rhinos, 2 ours, des singes et plein de cervidés… ». Le gars d’abord étonné a ensuite compris la blague. Eux n’avaient absolument rien vu! Comme quoi, nous pouvons nous estimer chanceux…

 Publié par à 12 h 22 min

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