déc 102012
 

Lever à la fraîche (tu parles, même à 6h du mat il fait chaud…) pour prendre le ferry. Zut, c’est encore cet abominable chauffeur de taxi… Grrrr vite l’oublier celui là! Guza nous accompagne toujours. Nous sommes heureux d’avoir partagé avec lui ces 4 jours à Phu Quoc, ces rencontres et ces découvertes. Nous avons le même objectif: rejoindre maintenant le Cambodge. Nous nous entendons bien, il est intelligent, cultivé, agréable, amusant, les enfants l’apprécient, donc pourquoi se quitter… Il est complètement autonome mais c’est avec plaisir que nous lui donnons le petit coup de main nécessaire de temps en temps. A travers nos discussions, nous découvrons les deux vies de cet homme: avant et après l’accident. Il nous raconte son pays et ses nombreux voyages. Le tout en anglais bien sûr. Guza est d’ailleurs le professeur d’anglais attitré de Sacha. Ses progrès sont incroyables! Il faut l’entendre se lancer sans une explication, demander la traduction d’un mot ou la conjugaison d’un verbe. Il n’apprend pas l’anglais, il l’absorbe!

Après deux heures de navigation, nous débarquons sur le quai de Ha Tien. La frontière est à quelques kilomètres et nous désirons rejoindre Kampot, à une heure trente de route plus loin. Les taximen, les agences de bus et quelques chauffeurs particuliers donnent l’assaut! Un premier nous demande 100$ pour rejoindre Kampot: »You’re crazy man! ». Le délégué des taxis veut 300000 dôngs pour la frontière: »It´s too much, only 100000… ». Une hôtesse de bus propose 25$ pour passer la frontière et rejoindre Kampot: »25$ each, no make a better price! ». Finalement nous sautons dans un taxi, Benoît hôte la casquette du chauffeur posée comme par hasard sur le minuteur… Il nous dépose à la frontière, le compteur indique 164000 dôngs: »good deal… »! Nous passons à pied la haute porte et saluons le Vietnam. Les passeports reçoivent le cachet de sortie du pays. Nous traversons le no man’s land sous une chaleur abominable, comme si le soleil profitait de cet étroit territoire insoumis pour y imposer sa loi. Pas de route, le poste frontière est toujours en construction. Plus loin s’élèvent quelques casinos: « Venez gentils touristes, venez nous donner votre argent, nous l’utiliserons pour blanchir l’argent sale de nos trafics… » Voici le poste cambodgien: deux baraquements en bois coiffés de tôle ondulée, décor de western… Premier bureau et un document à remplir, en plein cagniard. Second bureau, nouveau document à remplir heureusement une table est placée à l’ombre. Guza n’a pas pu rejoindre les baraquements, son fauteuil n’est pas assez 4×4, il reste en plein soleil et Sophie s’occupe de ses documents. Revoici l’hôtesse de la compagnie de bus: »11$ each to Kampot… ». Le lonely nous indique 25$ pour rejoindre cette ville en taxi! « No, thank you… ». C’est incroyable le zèle dont peuvent faire preuve certains douaniers! Tri des documents, classement des fiches dans les passeports, choix du bon stylo, rangement minutieux de l’agrafeuse et des cachets… Les douaniers du monde entier doivent avoir un sacré complexe d’infériorité! Ils vous regardent à travers la vitre avec leurs yeux malicieux et vicieux et l’on peut lire dans leur regard: je suis bien installé à mon bureau, au frais, tu es debout en plein soleil; qui es-tu pour oser troubler ma sieste; si je veux je peux te laisser attendre encore quelques heures, quelques jours avant de te délivrer mon sésame; que viens-tu faire dans mon pays, es-tu communiste, espion, terroriste…, as-tu glissé un petit billet pour moi…; je suis le cerbère et de la puissance de mon cachet, j’ai droit de vie ou de mort sur toi… Quelle haute fonction! Ça y est, tout est en ordre, le Cambodge nous ouvre ses portes. Oui mais il reste encore deux cent mètres à parcourir, deux cent mètres de gravats à parcourir en tirant les sacs sous cette chape de plomb… Pas le courage… Un ange arrive, l’hôtesse de bus: »5$ each… » Ha, voilà qui est mieux! Et Benoît d’ajouter: »Et si on attend encore une demi heure, ce sera combien? » Nous sautons dans le minibus et nous y enfermons, clim à fond… Les autres passagers franchissent aussi l’épreuve du cerbère, les bagages s’entassent dans le coffre, on peut y aller.

Une heure trente de route pour rejoindre Kampot, nous découvrons la jolie campagne cambodgienne. Le minibus nous dépose dans LA rue des guesthouses de la ville. On en visite trois en revenons au premier. Voilà, ça y est, nous avons rejoint le Cambodge, Kampot, et nous sommes installés tous les 5. C’est alors que se pose une terrible question: au fait, pourquoi avions-nous choisi de venir ici?…. Pas de réponse… Va où le vent te mène, va…

 Publié par à 15 h 02 min

  2 commentaires à “7-12 Tam Biet Phu Quoc…”

  1. On comprend assez bien la dernière remarque!!! Mais si vous voulez passer un peu de bon temps allez aux manguiers (piste à droite du nouveau pont) coin de paradis (et oui c possible à Kampot!!) ou vous pourrez vous baigner dans la rivière et les enfants pourront jouer dans le grand jardin. La chambre B2 avec 2 grands lits est à 22USD. Sinon visite de ferme de poivre et des grottes (rien d’exceptionnel…).
    nous sommes allé sur rabbit island en face de Kep très cool!!
    Bon vent
    Benjamin & co

  2. Ce qui est génial, c’est que c’est toujours un peu l’inconnu au début… le meilleur arrive après! En route pour le Cambodge…
    Les douaniers… ahhh… j’aimais encore mieux les fonctionnaires communaux du temps où ils étaient planqués derrière une carreau opaque! Fallait frapper sur la vitre pour les réveiller mais ils avaient encore un côté attachant!
    Bonne route… on se réjouit de visiter le pays avec vous. Surtout que ,derrière notre ordi, on ne risque pas grand’ chose!
    Biz les gars…

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