mai 042013
 

Au temps reculés de l’empire Inca (XVème au XVIème), les activités religieuses étaient reliées à la nature et à la fertilité. Pour plaire aux dieux, des sacrifices humains étaient pratiqués, voués à assurer la fécondité du peuple et la fertilité de la terre. Un des rituels les plus importants du calendrier Inca était la capacocha, qui avait lieu pendant le mois dédié à la récolte. Des 4 coins de l’Empire, des villages envoyaient un ou plusieurs enfants à Cusco, la capitale, choisis pour leur beauté et perfection physique. Les incas se réunissaient sur la place principale, face aux images de Viracocha (Dieu de la création) et d’autres divinités. Après avoir sacrifié des animaux, les prêtres et l’empereur Inca célébraient des mariages symboliques entre les enfants des deux sexes, afin de renforcer les liens sociaux de l’immense territoire inca. Les enfants retournaient alors dans leur village où ils étaient accueillis avec tous les honneurs puis emmenés en cortège vers l’endroit des offrandes. L’enfant élu était habillé de ses plus beaux vêtements, on lui donnait à boire de la chicha (alcool de maïs) jusqu’à ce qu’il s’endorme. Il était alors enterré avec des objets cérémonieux préparés à cette fin. Selon la croyance inca, les enfants ne mouraient pas mais rejoignaient les ancêtres qui observaient les villages du haut des montagnes. Les vies ainsi remises aux divinités étaient gages de bonne santé et prospérité.
Mars 1999, une expédition archéologico-scientifique gravi les pentes du volcan Llullaillaco et exhume près du sommet à 6739m, trois momies d’enfants dans un état de conservation exceptionnel. C’est le site archéologique le plus haut du monde. Les basses températures, la basse pression atmosphérique, le taux d’humidité faible et la stabilité thermique dans un environnement aseptisé ont été les conditions qui ont permis l’excellent état de conservation des corps. Après de nombreuses analyses scientifiques, les trois corps et les nombreux objets qui les accompagnaient dans leurs sépultures sont présentés au public dans le Musée d’Archéologie de Haute Montagne (le MAAM) de Salta.

Nous n’allions quand même pas attendre notre départ vers le Chili dimanche, cloîtrés dans notre chambre d’hôtel… Nous avons bien entendu visité le MAAM cet après-midi. Cette visite est notre première immersion dans la culture pré-hispanique des incas. Le musée n’est pas très grand mais très intéressant avec, outre les momies, les nombreux objets qui les accompagnaient présentés de manière assez didactique et grâce aussi au petit guide en français. Nous avions un peu hésité à aller voir des « cadavres » avec les enfants mais une nouvelle fois, en leur expliquant à l’avance le pourquoi du comment, ils ont bien compris l’intérêt de la visite et se sont montrés assez intéressés. Et il est vrai que ces momies sont absolument exceptionnelles. Contrairement au rites égyptiens, ici les corps n’ont subi aucun embaumement et forcément puisque les enfants ont été enterrés vivants. Les corps ont été retrouvés comme si on venait de les enterrer. Rien à voir avec l’image de Rascar Capac la momie des 7 Boules de cristal de Tintin… Une seule momie est présentée à la fois pour 6 mois. Elles sont conservées ici même dans des conditions de cryopréservation: à l’intérieur de capsules cylindriques spécialement construites qui permettent de les visualiser panoramiquement, avec une atmosphère appauvrie en oxygène et une température de-20°. Les trois enfants sont une petite fille de 6,ans; un petit garçon de 7ans et une demoiselle de 15 ans. C’est la petite fille qui est exposée pour le moment. La dernière salle du musée est consacrée aux chemins que les incas avaient établis dans tout l’empire, de la Colombie actuelle à lamoitié du Chili, soit environ 4000km. On y présente aussi quelques vidéos très intéressantes.

Nous avons bien entendu respecté l’interdiction de filmer et photographier à l’intérieur du musée mais allez donc faire un tour sur le site du MAAM pour en savoir plus : http://www.maam.gob.ar/ .

Évidemment la visite se termine dans un petit magasin, un très dangereux magasin… Les voici les tissus colorés, les bonnets de laine multicolors, « >les petites poupées et les inévitables bijoux, tout l’artisanat sud américain que nous attendions… Mais restons économes, nous retrouverons certainement tous ces objets à meilleurs prix en Bolivie. Le musée se situe dans un des nombreux bâtiments historiques et typiques de la place centrale de Salta, la Plaza 9 de Julio. Aujourd’hui c’est Lilou qui nous guide carte en main… Devant la belle cathédrale peinte en rose et blanc, au dôme bleu et au fronton de style baroque, nous croisons un couple de NeoZ que nous avions croisé à l’hôtel de Buenos Aires. A deux rues de la place, nous passons aussi devant l’étonnante église San Francisco (avec bien entendu une photo du Papa Francisco…) elle aussi peinte de couleurs étonnantes pour un édifice religieux. Nous terminons notre petite visite du centre ville et rentrons de pied à l’hôtel.

 

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Salta est une ville agréable et culturellement très riche. Nous croisons beaucoup de gens d’origine indienne aux traits très typés et au teint bien brun. Il n’y a pas de doute, la visite du MAAM et la découverte de la ville et de sa population nous prouvent que nous approchons des hauts plateaux andins, et de toute la culture qui y est associée. Nous nous réjouissons de découvrir la suite…

 Publié par à 12 h 25 min

  Une commentaire à “3-5 Los niños del volcán…”

  1. Maam…a mia … elle est bien sympa cette petite bourgade! Je me réjouis de voir le poncho multicolore que Lilou va s’acheter bientôt avec deux ou trois bijoux « Pandora made in bolivia »!!!!
    Bye

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