mai 162013
 

Ça y est, c’est le grand jour! Nous partons découvrir le Salar d’Uyuni aujourd’hui. La nuit a été bonne pour tout le monde à San Juan et ses 3600m. Nous quittons l’hôtel avec le lever du soleil. Des jeunes footballeurs sont à l’entraînement: ils courent autour d’un terrain sans la moindre herbe, au lever du jour et par une température à peine positive. Plus loin un troupeau de lamas gagne ses pâturages… La piste traverse de nombreux champs de quinoa. Le quinoa, « mère de tout les grains » pour les incas, est une plante herbacée cultivée sur les hauts plateaux andins, pour ses graines riches en protéines. Avec le haricot, la pomme de terre et le maïs, le quinoa était à la base de l’alimentation des civilisations précolombiennes. A cette saison, la plante a été fauchée et les femmes battent les tiges pour récolter les graines. Depuis les années 70, les pays industrialisés, en quête d’une alimentation plus saine, ont découvert les propriétés nutritionnelles de cette plante: très digeste, pas de gluten, pauvre en lipides et riche en protéines, fer, oméga 3. La Bolivie est devenu le premier exportateur mondial de quinoa. Parfois hélas au détriment du respect de la culture traditionnelle.

Après deux heures de piste et malgré le soleil dans les yeux, nous distinguons au loin une vaste étendue totalement plane. Nous l’atteignons « >enfin, le voici, le Salar d’Uyuni. Le 4×4 pose ses roues sur une mer de sel et nous nous élançons tels des navires qui prennent le large, droit devant… La surface du Salar est … ici et il faut rester sur la piste salie par les pneus des véhicules. Puis un peu plus loin, une fois les gommes nettoyées, c’est un rail totalement blanc que nous suivons. Nous en avons vu des paysages, mais là c’est extraordinaire, nous sommes perdus entre le blanc du sol et le bleu du ciel, seuls quelques sommets de montagnes tout au loin perturbent l’horizon. Nous ne roulons plus, nous voguons, nous volons entre ciel et terre… C’est fabuleux, une beauté et une pureté à couper le souffle… L’émotion nous étreint…

Nous marquons un premier arrêt pour profiter de cet enchantement et immortaliser cet instant au travers de photos ingénieuses.

 

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Le Salar d’Uyuni est la plus vaste entendue (et réserve) de sel au monde. Il s’étend sur 12 500 km² (un peu moins de la moitié de la Belgique!), ses dimensions sont de plus ou moins 150km sur 100, à 3653m d’altitude. Sa formation remonte à 10 000 ans, quand l’étendue d’eau salée était une partie du Lago Minchin, un lac préhistorique géant. En s’asséchant, il laissa derrière lui deux petits lacs encore visibles, le lac Poopó et le lac Uru Uru et deux grands déserts de sel, le salar de Coipasa et le gigantesque salar d’Uyuni. Le sel provient de l’érosion des roches des montagnes environnantes. La couche de sel varie de 2 à 120m d’épaisseur.

Nous reprenons la « route » et nous dirigeons vers une « île », l’Isla Incahuasi, perdue au milieu du Salar. Cette île composée de corail mort est recouverte de cactus trichoreceus, ces fameux cactus candélabres qui peuvent atteindre 10m de haut et vivre plus de 1000 ans. Nous accostons et partons à la découverte de l’île et de ces piquants géants verts. Le paysage est vraiment unique, tout semble pétrifié: une île perdue au milieu d’une immensité blanche, protégée par des centaines de soldats qui semblent monter la garde, les bras et le corps armés de milliers de petites flèches… Nous profitons longuement du refuge de l’Isla Incahuasi avant de reprendre la piste.

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La surface du salar ressemble maintenant à un immense puzzle composé de milliers de plaques hexagonales. Nous avançons en toute liberté, comme des fous qui courent à perdre haleine après on ne sait quoi… Une fois totalement enivrés de liberté, nous stoppons les vaisseaux pour une nouvelle séance photos et pour le dîner.

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Un peu plus loin nous découvrons les « yeux » du salar, des trous percés dans la croûte de sel et qui laissent apparaître de l’eau. Circuler sur le salar peut être dangereux, on n’est pas à l’abri d’un de ces trous. Par temps de pluie, lorsque le sol est couvert d’eau et que l’horizon est invisible, il y a de quoi se perdre ici et tourner en rond pendant longtemps.

Il nous faut finir notre traversée… Après un petit arrêt à un hôtel de sel sans grand intérêt mis à part la photo des drapeaux, nous approchons de la rive et découvrons une zone de récolte du sel. Le travail se fait à la main, le sel est raclé sur quelques centimètres d’épaisseur et entassé en petits monticules. Ces petites montagnes de sel sèchent au soleil pendant deux jours, le temps que l’eau s’en dégage. Il faut ensuite charger le sel sur un camion pour le traiter « sur terre » . Le désert se compose de sels de bore (Ulexite), de chlorures, carbonates et sulfates de sodium, potassium, magnésium et lithium. Le salar représente ainsi à lui seul un tiers des réserves de lithium exploitables de la planète. Les réserves de lithium, composant essentiel des batteries électriques, sont actuellement le centre des attentions de plusieurs multinationales, ainsi que du gouvernement. Le sel est exploité, mais la production annuelle ne risque pas d’épuiser les 64 milliards de tonnes estimées du gisement!

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Nous quittons le Salar d’Uyuni… Cet endroit dont nous avions rêvé a tenu ses promesses. Les photos seront sans doute jolies mais ne peuvent révéler et fixer totalement les impressions que l’on ressent en arpentant ce désert de sel et en admirant sa beauté immaculée.

Nous approchons de la ville d’Uyuni et stoppons une dernière fois dans un cimetière de chemin de fer où s’éternisent des veilles locomotives. Ricardo nous dépose enfin en ville, nous récupérons nos bagages tout empoussiérés. La ville d’Uyuni n’est pas vraiment très intéressante et nous ne comptons pas rester ici, cela dit une bonne nuit de repos est nécessaire avant de poursuivre notre voyage en Bolivie. Nous nous installons donc à l’hôtel Avenida.

Nos jeunes copains de circuit: Medhi, Morgane, Michael et Claudia quant à eux ont décidé de prendre un bus dès ce soir. Nous mangeons ensemble avant de se dire adieu devant le bureau de la compagnie de bus. C’était vraiment agréable de voyager avec vous les amis… Un vrai bonheur aussi pour Sacha et Lilou qui avaient trouvé là de nouveaux compagnons de jeu… Et puis quel bonheur cet accent québécois si savoureux Florida… Christ!!!… Tabernacle!!!… Bonne route à vous…

 

Après une bonne douche presque chaude, nous nous affalons dans nos lits pour digérer toutes les images et les émotions vécues pendant ces trois jours au cœur du Sud Lipez et du Salar d’Uyuni… Sous le poids des 4 couvertures (nécessaires…) de nos lits, toute tentative d’effort est vaine; il est 20h et nous sombrons dans un doux et profond sommeil…

 Publié par à 15 h 15 min

  2 commentaires à “13-5 Circuit du Sud Lipez, jour 3…”

  1. On ressent d’ici votre émerveillement et on se dit que malgré tout ce que les hommes peuvent construire, ça ne sera jamais aussi beau que ce que la planète nous donne. Exceptionnel ces images surréalistes!
    Bonne continuation… ça valait la peine de cailler la nuit!!!
    Biz

  2. EXTRAORDINAIRE MAGNIFIQUE SPLENDIDE VIVA EL SUD AMERIKA BUEN VIAJE, BUEN SUERTE AMIGOS

    Votre belge qui revoyage avec vous, merci Lilou d’avoir permis à ta famille de se poser et de profiter de cette région chilienne grandiose, l’article sur les étoiles me donnent envie de vivre la nuit

    MERCIIIIIIIII

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