mai 182013
 

La nuit fut bonne et réparatrice mais un peu courte quand même puisqu’à 7h30 il fallait se lever pour se préparer à quitter Uyuni. Nous avons réservé des billets de bus pour nous rendre à Potosi, à 4 heures de route. A 9h30 nous sommes devant le bureau de l’agence des omnibus et à 10h c’est le départ. Le centre de la ville est correct mais par contre la ville en elle même est assez moche. Et que dire des faubourgs, véritable cimetière de sacs en « >plastique!!! Nous découvrons quand même la vie des habitants et remarquons les femmes en habits traditionnels: jupe plissée bouffonante sur bas de laine, le tissus multicolore en sac à dos pour transporter un enfant ou des colis, deux longues tresses  et le fameux chapeau si distinctif des femmes boliviennes. Alors que nous venons de quitter la ville et que nous commençons à grimper vers les montagnes, le bus stoppe! Nous n’avons aucune vue sur l’avant, nous ne pouvons donc pas connaître la raison de cet arrêt. Après quelques minutes d’arrêt, le moteur stoppe et le chauffeur vient nous annoncer que des grévistes ont établi un barrage en travers de la route!!! Nous descendons et en effet, à quelques dizaines de mètres devant le bus, quelques hommes occupent la chaussée et ont placé de grosses pierres en travers de la route. Benoît comprend que ce sont des enseignants qui rouspètent sur leur salaire et leur pension. Ha! ces enseignants, jamais contents… La situation pourrait éventuellement se débloquer dans 1 heure ou 2…

« >

Nous patientons dans le bus mais après 1 heure, nous comprenons qu’il n’y aura pas moyen de passer. Demi-tour et retour à Uyuni… L’employée de l’agence nous propose de nous rembourser les billets où de les postposer à un autre départ. Dans ce dernier cas, elle nous conseille d’essayer de partir ce soir avec le bus de 19h. C’est la solution que nous gardons, nous ne désirons pas rester à Uyuni. Il va donc falloir s’occuper pour une journée…

Ce n’est pas évident lorsqu’on n’a plus d’hôtel. Nous squattons un cyber-café pendant deux heures, siestons au soleil sur la place, avalons « >quelques cacahuètes, flânons dans les boutiques pour touristes… La journée est longue… Mais bon… Nous observons à nouveau la vie des boliviens. Les femmes attirent vraiment notre regard avec leur costume traditionnel, leur chapeau et leurs longues tresses. La Bolivie est le pays d’Amérique du Sud avec la plus forte population d’origine indienne:60 %.

« >

 

 

 

 

 

A 19h second départ… Et arrêt au même endroit, le bloquage est toujours là! Nous patientons à nouveau quelques dizaines de minutes, le chauffeur à bon espoir… Mais rien ne bouge! Nous faisons demi-tour et avec trois autres bus, notre chauffeur décide de dresser un contre barrage quelques centaines de mètres plus bas!?!?

L’attente se prolonge, il est 22h… Nous nous sentons vraiment pris en otages dans cette situation. Si nous redescendons à nouveau en ville nous ne sommes plus sûr de trouver un hôtel et d’un autre côté à quoi bon attendre un déblocage qui semble improbable. Quel impact espèrent avoir les grévistes sur cette route de province? La situation devient vraiment ridicule… Soudain les bus redémarrent et reviennent à l’assaut du barrage mais sans meilleur résultat! On nous demande alors de venir faire pression sur les grévistes, la moitié des passagers étant des touristes non concernés par les problèmes sociaux de la Bolivie, mais cela n’a évidemment aucun effet.

Il est plus de 23h, allons-nous passer toute la nuit dans ce bus? Les enfants dorment, c’est déjà ça! A minuit, le bus redémarre et fait demi-tour. Si c’est pour retourner en ville nous ne savons vraiment pas où nous allons pouvoir trouver un logement! Mais non, voilà que le bus recule jusqu’à quelques mètres du barrage… On nous invite alors à descendre, à prendre nos bagages et à traverser le barrage à pied, un autre bus nous attendrait de l’autre côté… En effet, nous traversons le barrage, slalomons entre les pierres et les feux et rejoignons un autre bus qui nous attend de l’autre côté. Ce bus a fait le chemin depuis Potosi pour venir nous chercher! Nous allons enfin pouvoir poursuivre notre voyage. La solution est assez ridicule; laisser finalement traverser les gens à pied; mais au moins on avance… Le bus salvateur n’a pas autant de place que le premier! Deux jeunes écossais s’installent par terre. Nous dormons presque tout le trajet malgré le froid terrible dans le bus. Mais une question hante nos esprit, qu’allons-nous faire une fois arrivés à Potosi? A 4h du matin les hôtels seront sans doute toujours fermés! Allons-nous devoir patienter dehors dans le froid? Une autre solution serait de prendre directement un autre bus pour continuer jusqu’à Sucre, la ville étape suivante sur notre projet de parcours en Bolivie. Mais y aura-t-il une correspondance à cette heure et ne risque-t-on pas d’être à nouveau bloqués?

A 4 heure nous atteignons Potosi. Nous descendons du bus sans savoir ce que nous allons devenir… De suite des chauffeurs de taxi nous proposent de nous emmener à Sucre… C’est ça ou rester sur le trottoir dans le froid… Le destin a choisi pour nous, nous embarquons dans un taxi comme la plupart des autres touristes. Nous n’aurons vu de Potosi que ses lumières de nuit!!! Nous nous sentons vraiment comme des clandestins qui tentent de rejoindre par tous les moyens une destination plus propice en essayant d’éviter d’être arrêtés… Drôle de sensation. D’autant qu’il nous semble comprendre qu’il y a aussi des blocages à Sucre! Comment et où ce voyage va-t-il donc se terminer?!?! Nous parvenons à dormir encore un peu pendant les trois heures de route vers Sucre.

A 7h le taxi arrive aux abords de la ville. Nous remontons une longue longue file de véhicules arrêtés sur les bas côtés. Puis notre chauffeur nous fait comprendre que nous sommes arrivés, impossible d’aller plus loin! En effet, à quelques mètres s’élève une barricade. Ça sent le pneu brûlé, des banderoles sont tendues en travers de la route. Des hommes munis de brouettes aident les voyageurs à passer de l’autre côté du barrage en transportant les bagages. C’est un véritable état de siège devant la ville de Sucre!!! Un autre chauffeur de taxi qui a traversé en quête de clients nous propose ses services, ok! C’est le deuxième barrage que nous traversons cette nuit!!! Les grévistes s’éveillent et nous regardent passer en se réchauffant sur la carcasse d’un pneu récemment brûlé, une nouvelle journée de blocus se prépare…

Notre taxi démarre et Benoît s’empresse de chercher un hôtel dans le guide. Le premier est très vétuste et pas propre, allons voir un autre… Le second est un peu mieux, ça fera l’affaire au moins pour se poser ce matin et récupérer de cette nuit mouvementée! Le tenancier que nous avons réveillé et est venu nous ouvrir tout débraillé avec le chemise à moitié rentrée dans son pantalon, la ceinture pendante et les cheveux en pétard! Pauvre homme… Nous avons très faim et avant de nous reposer nous voudrions prendre un bon petit déjeuner. Nous trouvons l’adresse d’une pâtisserie dans le guide et le tenancier de l’hôtel, qui a pris le temps de retrouver un peu plus de dignité, nous conseille le marché. En route…

Nous sommes de suite surpris par la beauté de la ville de Sucre. Tous les bâtiments sont peints en blanc! Cette ville a l’air très agréable… Pâtisserie fermée, ouverture à 9h! Ben oui, il n’est encore que 8h! Bon! Allons donc au marché! Le marché central de Sucre est un marché couvert tentaculaire mais absolument passionnant avec tous ces étals de produits locaux et ces femmes à chapeaux! Les étals sont regroupés en zones en fonction des produits vendus. Nous traversons le coin fruits, puis légumes, puis boucherie avant de trouver le coin petit déjeuner! Une bonne dizaine d’échoppes s’offrent à nous, et nous nous installons à une des tables. Nous commandons du café, du chocolat chaud, du pain avec de la confiture du fromage et de la mortadelle… C’est bien bon et nous voilà repus pour la modique somme de 2€! Nous retrouvons ici l’ambiance des marchés asiatiques, ça nous plait beaucoup!

Mais la fatigue est là, nous rejoignons l’hôtel pour dormir encore quelques heures…
Que de péripéties depuis ces dernières 24h! Une grève nationale, des barrages routiers, une journée complète d’attente avant un nouveau blocage, une fuite comme des clandestins et une arrivée en sautant une étape… Ça va encore en faire des souvenirs et des choses à raconter, quelle aventure!!!

 Publié par à 13 h 45 min

  Une commentaire à “14-5 Los clandestinos…”

  1. Haha, nous c’est à Potosi que la grève nous a surpris, et avec les taxis en grève, nous avons du porter nos sacs à dos pour traverser la ville ! A cette altitude c’était un vrai défi, nos petits coeurs s’en souviennent !
    Mais après cela fait de beaux souvenirs à se raconter au coin du feeu, et les grèves du TEC semblent dérisoires, non ?
    Besos

    Laurence (Lausteloutho)

Désolé, les commentaire sont désactivés pour l'instant.