mai 222013
 

Les Kempe sont des gens culturés! Du moins nous essayons, vous l’aurez remarqué, d’en apprendre un peu sur les différentes cultures et civilisations que nous rencontrons au travers de notre excursion mondiale… Aujourd’hui nous allons visiter deux musées de Sucre avec les amis Séchet. Le premier est le Museo Textil Indigena. Comme son nom l’indique, il est avant tout dédié aux textiles réalisés par les populations indiennes de la région de Sucre. Et il est vrai que le textile revêt une grande importance dans la culture sud-américaine.

Le tissage constitue sans doute l’expression la plus complexe et la plus construite de l’esthétique du monde andin. Depuis des siècles, chaque groupe ethnique construit son style, son esthétique, usant de formes, matières, motifs, couleurs et symbolismes propres et/ou partagés. Leurs tissus, outre leur valeur artistique indéniable, sont porteurs de sens, pouvant alors être interprétés, « lus » comme une vision du monde et de l’insertion du groupe en lui. Les techniques millénaires se transmettent de personne à personne, regardant et pratiquant dès leurs plus jeunes années. Les aguayos, ou tissages andins sont toujours liés à une fonction utilitaire d’habillement. L’habillement traditionnel exprime l’identité du porteur, et a reçu au cours de l’histoire un nombre important d’influences, entre autre l’influence espagnole. En Bolivie, il existe plusieurs zones où les tissus en aguayo sont fabriqués, chacune possédant ses propres spécificités. En tissant ces pièces d’aguayo, les hommes et les femmes écrivent et peignent des histoires de leur communauté, des symboles de leur culture. Bien entendu, ces histoires et ces symboles sont différents en fonction des régions. En effet, chaque région possède ses propres couleurs, dessins et techniques, et fait son tissage au travers de dessins abstraits, de représentations ingénues et figuratives ou même de monstres surréalistes.

Extrait du site: http://www.vincetmanu.com/traditions_bolivie/textile_andin_intro.asp .

Dans ce musée, ce sont les tissages Tarabuco (le village où nous avons été hier visiter le marché) et Jalq´a qui sont présentés sous forme des pièces de tissus ou des costumes traditionnels. Nous retrouvons en effet les ponchos et tissages que nous avons vu hier au marché. Nous aurions peut-être du visiter ce musée avant d’y aller… Les pièces de tissus et les costumes, quand on prend la peine d’y regarder de plus près, sont de véritables œuvres d’art. Des céramiques sont également présentées dans le musée de même que quelques instruments de musique. Dans la dernière salle, une vidéo est projetée, on y explique en image les procédés de tissage. C’est un fameux travail! Tout se fait manuellement sur un métier à tisser vertical. Les femmes travaillent fil par fil pour créer les motifs. Il faut plusieurs mois pour réaliser un tissage de quelques dizaines de décimètres carré! Fameux ouvrage!!! Le film présente aussi la fête du Pujllay de Tarabuco, une des fêtes les plus importantes et des plus joyeuses du pays. Elle commémore la bataille du 12 mars 1816, qui vit les villageois de Tarabuco, menés par une femme, libérer leur village des Espagnols. Exposition très intéressante donc.

« >« >

 

 

 

 

 

 

Nous enchaînons avec le Museo de Etnografia y Folklore, à quelques pas. Ce musée a prit place dans une magnifique maison coloniale, comme on en voit beaucoup dans Sucre, avec une ou plusieurs cours intérieures. Au rez-de-chaussée, nous découvrons une splendide collection de masques. Ils sont magnifiquement présentés dans une galerie sombre, judicieusement éclairés, ce qui rend certains absolument effrayants. Ces masques sont utilisés dans des processions et danses traditionnelles de tout le pays. Vraiment beau! À l’étage, c’est la culture du peuple Uru-Chipaya qui est présentée dans différentes vitrines. Le peuple Uru-Chipaya est une des plus anciennes civilisations de l’Altiplano bolivien et sont réputés pour leur technique d’irrigation. Il ne resterait actuellement plus que quelques centaines d’Uru-Chipayas. Les amateurs de l’émission « Rendez-vous en terre inconnue » (que nous sommes) se souviendront de l’émission qui a été consacrée à cette peuplade en compagnie de Gérard Jugnot… Les photos étaient interdites dans ce musée.

Voici une après-midi culturelle et deux musées très intéressants qui nous ont permis d’en savoir un peu plus sur la très riche culture bolivienne. A approfondir encore… Nous avions aussi été visité, il y a quelques jours, la Casa de la Libertad. C’est dans cette grande demeure qu’à été signée, le 6 août 1825, la déclaration d’indépendance de la Bolivie. Devenue monument historique, cette maison représente le cœur de la nation et Sucre reste la capitale constitutionnelle et historique du pays. Dans le Salon de la Independencia où se tint le premier Congrès bolivien, nous avons observé le portrait du Libertador local: Simon Bolivar; et ceux de ses camarades Hugo Ballivian et Antonio José de Sucre, les trois héros fondateurs du pays. Une galerie présente aussi les portraits de tous les présidents jusqu’à nos jours. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y en a eu quelques-uns! Nous n’avons pas compté mais on comprend rien qu’au nombre de tableaux accrochés aux murs que l’histoire politique de la Bolivie a été assez mouvementée. Voilà bien un aspect commun aux pays d’Amérique du Sud: une histoire politique mouvementée, presque théâtrale, faite d’une succession de coups d’états, de dictatures, de juntes militaires, de tentative de démocratie, de révolution, de corruption, d’autoritarisme, de socialisme, de culte de la personnalité, de conquistador et de libertador!!! Tout qui s’intéresse un peu à l’histoire du continent en conviendra. Cela doit sans doute faire partie des gènes des peuples latinos!

Cela nous amène naturellement à l’actualité du jour, l’enchaînement est facile… Nous avons eu droit à deux manifestations aujourd’hui, une le matin et une après la sieste! Ça en fait trois depuis notre arrivée en ville et pourtant il n’y a pas de TEC ici ni de bagagistes bruxellois! Cela en devient folklorique… La manif de vendredi, dédiée à la famille et anti avortement, était très bien encadrée par la police: une belle fanfare qui ouvrait le chemin! Hier soir nous avons assisté à un concert sur la place offert par la ville de Sucre, avec discours de l’alcalde (bourgmestre) richement applaudi; et ce matin il était conspué par les représentants de la moitié des quartiers de la banlieue…

La situation sur les routes est annoncée calme jusque mercredi mais après??? Ce matin nous avons même lu que le Président Chavez appelait ses compagnons pour mater les grévistes qui tenteraient de le renverser… Info… Intox?!?!? Nous avons donc prévu de quitter Sucre mardi et de prendre un bus pour la ville de Cochabamba. Nous sommes sur nos gardes et même prêts à sauter dans un avion pour quitter le pays, on ne sait jamais et on n’est vraiment pas là pour prendre des risques. Cela dit, nous ne voulons pas non plus tomber dans la paranoïa… Wait and see, espera y ve…

Après notre après-midi culturelle, nous allons manger ce soir au restaurant de l’alliance française: La Taverne. Les amis Séchet y ont rendez-vous avec un ami d’ami: Michael qui est gendarme à l’ambassade française de La Paz. Nous nous retrouvons donc à La Taverne et faisons connaissance avec Michael, son épouse Sylvie et leur petit garçon Matisse. Michael a un avis assez négatif sur la Bolivie, ses habitants et la capitale! C’est assez étonnant et même un peu flippant!!! Nous nous sommes fait plaisir en dégustant de bonnes pièces de bœuf pour un prix dérisoire et nous avons passé une agréable soirée, merci les français…

 Publié par à 14 h 13 min

Désolé, les commentaire sont désactivés pour l'instant.