juin 022013
 

Nous avons très très bien dormi! Pas le moindre moustique, mygale, cloporte ou autre n’a réussi a perturber notre sommeil et c’est tant mieux. Sophie a même fait preuve d’un courage et d’une maîtrise de soi exceptionnel en osant quitter la moustiquaire protectrice pour un petit besoin naturel urgent en plein milieu de la nuit. Sans réveiller son ange gardien et sans un bruit, elle s’est aventurée seule, armée de sa seule lampe de poche, jusqu’aux toilettes, bravant les milles créatures qui devaient certainement l’observer du coin d’une antenne ou du septième œil, les crocs ou le dard aiguisés, prêts à entrer en action…. Aucune d’entre elles, de peur de recevoir un coup de slache fatal, n’a osé entraver la marche irrésistible de notre aventurière nocturne dans sa quête du trône si urgemment attendu… Ce sont bel et bien dans les pires conditions que l’homme (et la femme) trouve la force nécessaire à vaincre ses démons… Le triomphe modeste, sans même pavoiser en déroulant quelques bannières Scottex triple épaisseur tranchant dans la nuit noire, notre héroïne regagnait sa couche sans même éveiller ses compagnons de chambrée. Elle se rendormait enfin, fière d’avoir vaincu, au moins pour un soir, ses, jusque là, insurmontables appréhensions… Il a plu toute la seconde moitié de nuit et le ciel est complètement bouché ce matin. Moins gai! Le petit déj est excellent et copieux, et tant mieux « >car nous avons besoin de forces pour partir ce matin à la chasse. Les yeux de croco de nuit c’était de la gnognote, juste un échauffement, ce matin c’est le long seigneur de la pampa que nous allons débusquer, …messire l’anaconda!!! Nous chaussons des bottes en caoutchouc, enfilons nos vestes imperméables (du moins elles l’étaient jusque là!), casquettes chapeau capuche, et badigeonnons ce qui reste de peau à découvert de lotion anti-moustique degré 36… Petite balade en pirogue, juste de quoi tremper le pantalon avec la pluie… et nous débarquons sur une berge bien boueuse et bien glissante. Puis nous nous enfonçons profondément dans la pampa. Un sentier nous conduit au bord d’un étang. Rosario entame le tour de la marre en marchant dans l’eau jusqu’à mi-botte et nous le suivons sur la berge « au sec » façon de parler…

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Le sentier disparaît et nous découvrons les joies de la balade en pampa. La pampa est un monde végétal peu propice à la foulée humaine: de longs rhizomes aériens, appelés herbes (?!?!), forment un enchevêtrement dans lequel se prennent les pieds et dont la hauteur, parfois jusque la taille, oblige à lever bien haut les genoux. Et non, nous n’avons pas pris nos machettes… C’est assez épuisant!

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Nous atteignons l’extrémité de l’étang sans la moindre trace de serpent… Rosario s’engage alors dans le marécage qui précède l’étang. Il nous invite à le suivre… Nous comprenons alors l’utilité des bottes en caoutchouc! A chaque pas dans l’eau stagnante, une nuée d’insectes s’élève en compagnie d’une odeur de putréfaction… Haa les joies de la randonnée en milieu sauvage… et hostile… Les bottes s’enfoncent dans la vase et il faut bien tout pour garder l’équilibre ou ne pas en perdre une. Nous découvrons également tous que ces bottes n’en sont pas à leur première sortie et que au minimum une par paire présente un trou ou une coupure bien dissimulée… Inévitablement, l’eau s’infiltre dans une ou les deux bottes… « >Ho joie!!! Heureusement l’eau n’est pas froide, il faut bien trouver un point positif à cette prise d’eau inconfortable… Toujours pas le moindre bout de queue ou de langue bifide… Mais Rosario et Jimmy, le guide du groupe voisin qui nous a rejoint, persistent et décident de traverser la pampa pour rejoindre un ruisseau proche. C’est réparti pour une partie de jambes en l’air à travers « l’herbe »… Il ne pleut plus mais la chaleur moite et la transpiration en ont fini de tremper les couches intérieures. Et nous n’osons pas nous déshabiller de peur d’être attaqués par les myriades d’insectes volants autour de nous… Cela devient de plus en plus pénible, Lilou et surtout Sophie commencent à regretter d’être venues… Sacha et Benoît par contre semblent être dans leur élément et tracent la piste à grands pas, et longs affalements dans la broussaille.

Voici le ruisseau et nos guides s’avancent pour le traverser… jusqu’au genoux… Bon! autant remplir les bottes alors… Sur l’autre rive c’est la vidange:… bredouilles!, pas de poisson, de crabe, de larve et encore moins d’anaconda capturé lors de la traversée!!! La balade se poursuivra ainsi pendant encore une bonne heure, entre hautes herbes, berges glissantes et passage à gué et noyades de bottes. Finalement nous ne prendrons même plus la peine de nous déchausser pour vider nos bottes, une levée des talons aux fesses suffisant à laisser s’écouler l’excès de liquide à travers le pantalon.

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Pour Sophie c’en est trop! Et on peut la comprendre, après les efforts inhumains de cette nuit… Là c’en est trop: se trainer dans la boue, baigner « >dans de l’eau croupissante et puante, enjamber des tonnes de verdure, trempée jusqu’aux os, et tout ça pour ne même pas voir l’ombre d’un anaconda, elle n’en peut plus… En fait nous en avons tous un peu marre de cette traversée de pampa infructueuse et inutile. Cela fait près de trois heures que nous trempons. Rosario le sent bien et nous prenons le chemin du retour, enfin… Tant pis pour l’anaconda. Il nous avouera plus tard que les conditions météos n’étaient vraiment pas favorables à l’observation du grand reptile. Nous ne sommes pas dans un zoo mais dans un milieu naturel préservé, la nature garde ses droits et nous respectons…

De retour au campement, une bonne douche froide pour se rincer. Ensuite nous étalons nos habits trempés mais, vu l’humidité ambiante, sans réel espoir de les retrouver secs! Un nouveau plantureux et délicieux repas nous attend au réfectoire. C’est incroyable, c’est au milieu de la pampa que nous mangeons la meilleure cuisine bolivienne, préparée dans la cuisine d’un campement où il n’y a ni électricité ni eau courante!!! Ensuite c’est une partie de sport national qui nous attend: la sieste en hamac! C’est bien mérité après tous ces efforts…

En milieu d’après-midi, nous partons pour une autre activité: la pêche au piraña! Rosario nous emmène en pirogue en amont cette fois, c’est à nouveau un plaisir de parcourir le Yacuma et de croiser tant d’animaux. Nous stoppons et amarrons la pirogue à un arbre. Chacun reçoit sa palengrotte: un gros fil de pêche enroulé sur une planchette dévidoir. La ligne se termine par un morceau de fil de fer d’une dizaine de cm auquel est fixé l’hameçon, le morceau de fil de fer sert de plomb pour faire descendre le bout de ligne et, nous allons vite le découvrir, protège le fil des dents acérées du piraña. Un morceau de « >viande est fixé à l’hameçon et la partie de pêche peut commencer… Chacun lance sa ligne… Il ne faut pas attendre longtemps pour sentir entre ses doigts de petits coups sur la ligne, les voraces carnassiers sont là! Par contre ce n’est pas évident de ferrer et de ramener un poisson. En effet, le piraña vient picorer l’appât et en arracher de petits morceaux mais sans l’avaler entièrement. Et devinez qui ramène le premier poisson?… Et bien c’est Lilou! Un beau piraña rouge frétille dans le fond de la pirogue! Bravo puce…

« >Rosario nous explique qu’il existe plusieurs sortes de piraña. Certains sont très dangereux car ils attaquent et se ruent sauvagement en banc sur tout ce qui traverse leur territoire. Ils déchiquettent complètement leur proie en quelques minutes. Mais ce n’est pas le cas de toutes les espèces et d’autres sont moins voraces… Nous changeons quelques fois d’emplacement, mais il faut bien l’avouer, ce n’est pas une pêche miraculeuse… Nous devrons nous contenter de 3 pirañas (2 de Lilou) et de 3 petits poissons chats pêchés par Rosario… Maigre butin pour le souper… Sur le chemin du retour nous faisons un arrêt dans un pampa bar (une cabane au milieu de nulle part) où nous aurions dût admirer le coucher de soleil?!?! Il se cache toujours derrière les nuages! Retour au campement. En complément du repas, nous dégustons le fruit de notre pêche. Et bien le piraña c’est très bon!

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La soirée est courte, nous sommes fatigués et de toute façon il n’y a pas grand chose à faire. Nous nous couchons de bonne heure et nous endormons, bercés par le ronronnement du groupe électrogène… Même si la balade de ce matin était assez héritante et que nous n’avons finalement pas rencontré d’anaconda, nous avons passé une bonne seconde journée dans la pampa. Nous ne nous lassons pas des balades en pirogue si riches en découvertes. Demain c’est déjà le dernier jour, que nous réserve encore cette nature extraordinaire???

 Publié par à 14 h 46 min

  8 commentaires à “30-5 Pampa jour 2…”

  1. Et bien So, je suis tout simplement époustouflé par ton courage. Braver ainsi la jungle en pleine nuit pour un simple petit besoin naturel , seule, guettée par mille dangers… oh que c’est beau!
    Bonne continuation et à bientôt. Que c’était bien écrit encore une fois!

  2. Finalement, quel intérêt de se taper 3 heures de pirogue pour une balade dans la fagne de Malchamps! … Et encore, sans les caillebotis si je lis bien …. …. Je ne vous comprendrais donc jamais! :-) )).
    Bravo So, bel exemple pour tous les scouts qui vont vivre leur premier camp. ;-)

  3. Ca y est, après avoir décroché pendant plus d’une semaine j’ai du me remettre à jour dans ma lecture de vos aventures et surtout aussi des commentaires de Dan.
    Quand vous serez de retour parmi nous, on aura droit au récit de vos aventures de la semaine tous les mardi chez Bonne-Maman, par contre on aura plus le commentaire de Dan (surtout qu’il a changé de village) !!!
    Pierre est aussi devenu accro aux chansons boliviennes, il les écoute tout le temps sur You tube.
    Le déguisement de Zorinho m’a fait beaucoup rire et les aventures nocturnes de Sophie aussi.

    Bisous à vous 4

    FA

    • Ok j’enverrai un message tous les mardis quand vous serez chez bonne-maman pour ne pas que vous ressentiez un manque alors!
      On commence à les imaginer raconter leur voyage… ça sent le retour… :)

  4. Trop génial ce petit séjour dans la pampa.Les photos sont magnifiques comme d’habitude et une fois de plus on n’a envie d’être à vos côtés.
    Moi aussi ss entourée de crocodiles ms ça concerne juste le bouquin que je ss entrain de lire « les yeux jaunes des crocodiles » c’est pas pareil ;-)
    Continuez à ns faire rêver et encore plein de photos,il n’en reste pas tellement pour arriver aux 25000.
    Gros bisous à vs 4.

  5. Bravo à vous tous pour cette belle aventure, et surtout aux filles pour le « pataugeage » dans la pampa !
    Lilou, heureusement que tu es la pour nourrir la famille !
    Tous comptes faits, il valait peut-être mieux ne pas rencontrer d’anaconda en tête à tête…
    Bises à vous 4 et à bientôt on espère !

  6. Et oui, Ben: en signe de solidarité, Mich et Noirfa viennent de rebaptiser leur nectar  » O’ Pampa »! O’ qu’ c’est beau!
    A bientôt pour la suite. Je me réjouis de lire le prochain passage de So aux toilettes : tout le monde ne parle que de ça ici! D’ailleurs, on va lui installer une Cathy cabine dans le fond du jardin pour qu’elle ne soit pas dépaysée.

  7. ;-)

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