juin 082013
 

Aujourd’hui nous partons pour une traversée nord – sud de l’Isla del Sol (île du soleil). Nous sommes au centre du lac Titicaca, tant au niveau géographique que mystique. En effet, l’île possède plusieurs sites archéologiques et ruines témoignants de l’aspect sacré du lac. Nous en avons déjà parlé; pour les civilisations pré-incas, le Soleil et le dieu Viracocha sortirent des profondeurs du lac. Le soleil et la lune étaient mari et femme, une autre île toute proche porte le nom de Isla de la Luna. Pour les incas, le lac représente le berceau de leur civilisation. C’est là que les premiers Incas: Manco Capac et sa femme/sœur Mama Ocllo, apparurent à la demande du soleil. Peu après 10h, nous empruntons le sentier qui nous amène vers la pointe nord de l’île. Nous nous arrêtons souvent! Il fait chaud et nous « >enlevons des couches; le sentier grimpe et nous approchons les 4000m, le souffle manque; mais surtout le paysage est absolument magnifique! D’anciennes cultures en terrasse s’étagent sur les flancs du relief, témoins d’un passé agricole très riche. Certaines d’entre elles sont encore cultivées par les habitants actuels et nous observons
des femmes occupées aux plantations. Des ânes, des vaches, des moutons et des lamas paissent paisiblement dans quelques maigres herbages… En contrebas quelques braques ondulent sous les vaguelettes. Comme c’est beau et paisible…

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Le temps semble s’être arrêté ici, il y a 200 ans! Mais au détour d’un muret, un jeune homme nous ramène à la réalité. Il faut payer un droit de passage! 10 bolos chacun négociés finalement à 20 pour la famille, les enfants ne payent pas. Nous poursuivons l’ascension, car c’en est une. En quittant les dernières habitations nous cherchons mais ne trouvons pas un premier site inca! Pourquoi paye-t-on s’il n’y a aucun repère? Pour les deux « panneaux didactiques » que nous avons croisé au début de la balade??? Dans un jardin sèchent des briques de terre et de paille. Benoît prend en photo cette briqueterie… Un vieil homme accourt, « Propriété privée, pas de photos… »!?!?!?!? Nous sommes toujours bien en Bolivie… La végétation disparaît, il ne reste que quelques touffes rases de petits buissons et d’herbes, nous approchons avec peine d’un premier plateau. Nous nous croyons dans les îles grecques! Un soleil implacable, un lac bleu dont on ne voit pas l’extrémité qui ressemble plus à une mer… Sommes-nous bien en Bolivie? L’altitude nous le rappelle… Voici le site de ruines de Chincana. Le sentier se couvre de pierres plates, nous « >croisons la « Mesa de Sacrificio », une grande table de pierre. Un pseudo prêtre y a installé quelques objets de culte… à vendre… et propose une bénédiction typiquement inca… Celui là nous rappelle un peu les prêtres hindous de la cité sacrée de… en Inde… Plus loin nous nous aventurons entre les murs aux pierres savamment agencées du laberinto (labyrinthe). Voici pour nous les premières traces des incas. Il est possible de rejoindre un autre site sacré, un rocher qui a donné son nom au lac: et où avaient lieu des sacrifices. Il faut encore grimper, on fait l’impasse… Il est midi mais nous décidons d’atteindre le sommet du sentier avant la pause « >dîner. Nous atteignons les 4000m… C’est très dur et nous devons marquer plusieurs arrêts dans la montée pour reprendre notre souffle. Une fois au sommet, le paysage est magnifique avec le lac qui nous entoure et les sommets enneigés de la Cordillera Real au loin, cela valait la peine. Nous savourons un léger dîner. Le soleil tape dur à cette altitude et nous n’osons pas quitter casquette et lunettes. Il faut repartir. Nous ne sommes pas pressés, nous avons la journée pour atteindre l’autre bout de l’île où nous comptons passer une seconde nuit. Mais nous ne sommes pas encore à la moitié de la randonnée! Clairement, nous aurons besoin de plus des 3 heures de marche annoncées… Nous profitons d’un léger replat puis nous élançons à l’assaut d’une nouvelle grimpette. Au sommet, une sorte de banderole en travers du sentier semble marquer un passage du grand prix de la montagne! C’est Sacha qui endosse le maillot à pois!!

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Mais la banderole n’indique en fait que le péage, nous passons dans le territoire du village suivant, Challa, et il faut s’acquitter du droit de passage. Et bien nous ne payerons pas! Nous y reviendrons plus tard… Nous avons atteint la crête et le sentier monte et descend plus légèrement. Le paysage est toujours aussi beau… Après une demi-heure supplémentaire de marche, un nouveau péage! Même sanction, nous passons en saluant poliment les deux collectrices mais sans sortir notre bourse! Nouveau péage même pas un kilomètre plus loin, à l’approche du village arrivée, Yumani. Il nous reste à dévaler jusqu’au lac. Au dessus du village, il existe deux types de bâtiments: pizzeria ou hôtel!!! Nous chercherons un logement plus bas. Le village est construit à flanc de colline et le sentier est très abrupt. Nous avons vraiment bien fait de choisir le sens nord-sud, ce sentier au départ nous aurait coupé les jambes et dégouté! Voici que nous croisons les livraisons du village. Un bateau de « >marchandises a accosté. Il faut remonter toutes les fournitures entassées sur le quai. Une longue procession de baudets, chargés entre autre de casiers de Coca-Cola, de sacs de farine ou de ciment, remonte péniblement les lacets du sentier. Les villageois ne sont pas en reste et s’époumonent aussi, courbés sous le poids de la charge. Nous devons céder le passage à la caravane. Un homme que nous croisons nous invite à nous dépêcher, le dernier bateau pour Copacabana, là en bas, chauffe ses moteurs… Et si nous rentrions? Nous n’avons presque plus d’argent, pas sûrs de pouvoir manger et dormir ici… Que découvrir de plus demain? Allez, on embarque! Notre passage et notre randonnée sur la Isla del Sol s’achève ici, retour à Copa.

 

Nous avons adoré! Beauté des paysages, calme des lieux et typicité de la vie insulaire, cela restera un des bests de Bolivie. MAIS! Il faut en revenir à ces péages… Nous avons bien conscience que la Bolivie est un pays clairement sous-développé, que la population est pauvre et que la vie est précaire; et peut-être encore plus sur cette île. Nous avons en tant que touriste un « pouvoir » économique alléchant pour cette population: qu’est ce que 10 bolivianos (à peine plus d’un €), pour emprunter un chemin communal. Mais malgré cela, nous ne pouvons concevoir d’être réduits à des portefeuilles ambulants, à des citrons qu’il faut presser jusqu’à la dernière goutte… Cette île vit comme au moyen âge avec des droits de passage: payer pour marcher?, pour emprunter un chemin soi-disant entretenu par les locaux, y a pas une herbe à enlever à cette altitude, quoi ces quelques pierres entassées sur les côtés?!. Où était le guide qui devait nous faire visiter les ruines, les quelques panneaux qui nous auraient permis de trouver les sites?!?! Viens chez moi gentil touriste, donne-moi ton argent mais n’espère quand même pas que je vais te saluer en te croisant, te sourire, te souhaiter la bienvenue chez moi et encore moins te laisser prendre des photos de ma femme mes enfants mes animaux ou mes briques! Bon d’accord il ne faut pas faire une généralité, nous en avons croisé aussi des gens sympas et accueillants. Bref, ça doit aller dans les deux sens. Nous avons fait vivre deux familles de bateliers, une d’hôtelier, une de restaurateur et une de commerçant sur cette île et nous estimons que c’est bien ainsi. Autre réflexion (et puis j’arrête c’est promis….): à quoi sert l’argent de ces péages? À permettre l’installation d’une nouvelle antenne GSM au lieu d’un système de montée mécanique des marchandises et de l’eau pour le village?!?!?! Pardonnez notre position assez radicale et peut-être pas assez charitable mais il y a 9 mois que nous rencontrons des situations semblables… Retour à Copa et à l’hôtel Mirador. Nous soupons au resto …. Pour récompenser les enfants qui ont bien marché, c’est fête: des nachos en entrée! Le repas est excellent et un service une nouvelle fois au top! Trop rare en Bolivie. Avec le resto Cupula et Orillo , voici deux bonnes adresses à recommander à Copa. Au lit pour récupérer de nos efforts. Demain nous reprenons la route…

 Publié par à 20 h 46 min

  6 commentaires à “5-6 La grande traversée…”

  1. C’est con les gars, la commune vient d’installer un droit de passage pour monter sur Miermont. Ceux qui ne veulent pas payer doivent faire le tour par Retine!
    Super le bleu intense de ce lac (qui ne porte dès lors pas bien son nom)… c’est la rivière dans la jungle qui aurait dû s’appeler comme ça!
    Bonne continuation et à bientôt …en chair et en os!

  2. Quelles superbes découvertes, les unes après les autres!
    Et, en plus, avec du beau temps.
    C’est comme ici (hm!); on a eu du soleil durant 3 jours, jusqu’à hier samedi.
    Ce dimanche, jour de la brocante à Saive, il pleut sans discontinuer, avec un peu de neige fondante.
    Prenez tout ce que vous pouvez comme bon temps…dans tous les sens du terme.
    Bisous les voyageurs!

  3. Salut la famille tourdumondiste,
    Je crois savoir pourquoi tu n’as pas payé le droit de passage ! Tu essaies de te justifier comme tu peux mais je pense que tu espères être retenu par les policiers Boliviens lorsque tu quitteras la région. Depuis que le compteur s’affole vers le zéro, tous les moyens sont bons pour résister au retour….
    Est-ce qu’on plonge dans le Titicaca ? Si c’est le cas il faut faire attention à la décompression qu’on ne peut pas calculer comme au niveau de la mer ….(tu me suis ? je t’expliquerai à la rentrée)
    Que c’est beau et finalement que notre terre est variée. Imaginez-vous que si l’on considère que en moyenne, les gens passent trois semaines de vacances annuelles pour découvrir un coin, vous avez déjà utilisé plus ou moins 17 ans de vacances. Mais cela nous servira lorsque nous devrons nous décider pour une expédition lointaine, on évitera les hôteliers peu scrupuleux et les sentiers à péage de la Bolivie

    Bises à tous Jean Luc

  4. Caramba! Profitez profitez les amis! … Encore 48 jours avant l’avalanche de bisoussss! :-)

    Dès demain, le pont qui relie Saive à sa commune sera fermé, en espérant qu’il rouvre avant votre retour… Peut-etre vont-ils y installer un péage… ??

    Bonne continuation les amis et gros gros bisous de nous 4.

  5. Salut les kempe,
    Waouw comme c’est magnifique,je ne me lasse de regarder ces photos.C’est vrmt superbe :-) )))
    Ns aussi on profite enfin de qques jours de soleil,hélas pr la fête des papas la pluie est revenue.Du coup mm pas de courage pr aller faire un tour à la brocante :-( Ms comme les examens et CEB approchent à grands pas,il ft faire réviser les efts en tant que « bonne » institutrice ne dérangeont pas à la règle.Et puis vive les vacances pr nous en tt cas :-)
    Biz à vs 4 de ns 4.

  6. Coucou,

    SUPERBES les photos ,
    Contents de vous savoir en forme en altitude , même si l’essoufflement est là , vous avez une condition physique terrible , vous contournez la masse d’eau navigable la plus haute du monde après avoir « survécus » au désert d’Atacama l’endroit le plus aride du monde , vous allez nous emmenez où ?
    Allez-vous traversez le lac pour vous rendre de l’autre côté au Pérou ?

    Allez encore de belles photos pour nous faire rêver , bonne continuation et à bientôt …

    Michèle et Denis

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