juin 192013
 

Lever à 5h30, nous partons ce matin pour trois jours à la découverte de la Cité Perdue des Incas: le mythique Machu Picchu… Nous nous réjouissons tellement de visiter le Machu Picchu, c’est une des destinations importantes de notre voyage, un moment que nous attendons depuis longtemps maintenant… Il existe plusieurs façons de se rendre au Machu Picchu. La plus classique et presque inévitable est de prendre le train depuis Cuzco jusque Aguas Calientes et de là, la navette jusqu’à l’entrée du site. On peut ainsi « faire le Machu Picchu » en un seul jour. C’est également la façon la plus onéreuse! Il existe également, pour les sportifs, plusieurs randonnées qui partent de plus ou moins loin du Machu et nécessitent de 2 à 5 jours de marche. La plus célèbre de ces randonnées est Le Chemin de l’Inca, en 4 jours avec trois passages de col à plus de 3500m et qui emprunte une ancienne voie inca. Ce trekking a tellement de succès qu’il faut réserver plusieurs mois à l’avance! On dit que le Machu Picchu se mérite, y parvenir au terme d’une longue marche est donc gratifiant, mais ce n’est pas très bon marché non plus et franchement, on ne se sent pas capable de marcher si longtemps. C’est pas qu’on soit radins, mais nous devons vraiment faire attention au budget pour tenir jusqu’au bout de notre voyage. Nous trouvons aussi que les prix des trajets, circuits et excursions sont vraiment exagérés. Nous avons donc choisi une formule alternative, pas très connue et carrément méprisée des agences puisque c’est une formule autonome. C’est un vrai bon plan de voyageurs! En voici le récit…

C’est une longue journée de voyage qui nous attend. Petit déj vite avalé puis taxi vers un autre quartier de la ville où nous devons prendre un micro (petite camionnette privée locale) pour la localité de Santa Maria. C’est assez stressant parceque nous n’avons pas beaucoup d’infos et nous savons aussi que les copains Séchet n’ont pas trouvé ce micro et ont du prendre un bus. Ils ont mis deux heures de plus et sont arrivés de nuit à Aguas Calientes. Sophie est assez nerveuse… En effet, une fois arrivés dans la rue renseignée par le guide Lonely, pas le moindre micro!!! Zut! Notre taximan bien sympa se renseigne auprès d’un habitant qui nous dirige vers la bonne rue: Tres Marias. Un micro pour Santa Maria est justement prêt à partir, YES! Nous nous entassons à 12 dans la camionette. Nous ne sommes pas vraiment bien installés, mais ça ira. Les enfants et Sophie occupent la rangée du fond et Benoît celle du milieu avec deux jeunes femmes… mais pas entre elles…  Et c’est parti pour 4 heures de route. Nous prenons d’abord la même route qu’au retour d’Ollantaytambo hier, traversons la petite ville et poursuivons. Petit arrêt café – toilette. Ensuite nous entamons la longue ascension d’un col. La route est neuve et excellente, et c’est tant mieux car notre chauffeur ne ménage pas les reprises de sa Hyundaï très récente dans les nombreux lacets! Çà grimpe, ça grimpe, ça crisse, ça crisse… Et rrrram dans le diesel pour reprendre une expression bien connue chez les Fromoutchs… Nous passons les 4000m et côtoyons les sommets enneigés. Des gens vivent ici, dans de petites maisons basses en pierre. Ils possèdent quelques animaux et cultivent quelques hectares de terre inclinées. Nous franchissons le col de l’Abra Malaga à 4300m et basculons sur l’autre versant. La descente débute dans cette odeur typique de freins que l’on réveille en sursaut! A notre grand étonnement, nous pénétrons dans un paysage de jungle. Il y a encore quelques temps cette route était en terre. Lorsqu’on voit les précipices que nous logeons, la vallée à plus de 1500m en contrebas, on a un peu du mal à prendre le temps d’admirer le paysage… Nous comprenons pourquoi la camionnette a été renforcée avec des arceaux de sécurité… Nous n’avons pas beaucoup mangé depuis ce matin et c’est tant mieux car nous avons l’estomac tout retourné. Notre chauffeur doit avoir un rendez-vous urgent dans la vallée? Sébastien Loeb a un oncle au Pérou, il conduit notre camionnette… N’empêche, le paysage est magnifique. C’est avec un certain soulagement, et un gros rot, que nous atteignons, entiers, Santa Maria. Des chauffeurs de taxi attendent le client. Nous trouvons donc sans problème un véhicule pour la seconde partie du voyage: un jeune homme qui nous embarque dans sa Toyota break plus très fraîche!?!? Nous pensions en être quitte pour les sensations fortes… Que nenni, nous voici sur une piste de terre de trois mètres de large qui serpente entre des plantations d’ananas. A gauche c’est un nouveau précipice de plusieurs centaines de mètres de profondeur… Séquences sensations, notre chauffeur a l’air pressé lui aussi… Sébastien Loeb a aussi un cousin au Pérou… Dans les combles de la montagne nous traversons à gué des torrents, la voiture s’enfonce dans l’eau jusqu’au portières! Après une petite heure de chemin, nous atteignons la petite bourgade de Santa Teresa, dans le fond du canyon. Yes, vivants…

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Martine Sivy (vous savez les copains de Montpellier) écrivait sur son blog, en rapport avec cette route: « Nous ne comptons plus les fois où nous avons remis nos vies entre les mains d’inconnus depuis le début de notre TDM… » Et elle a raison… Prises de risque insensées? Non, à moins de tomber sur un chauffeur suicidaire décidé à en finir en compagnie de quelques étrangers! Mais il est vrai aussi que les conditions de sécurité routière, ou pistière, et de circulation ne sont pas égales partout dans le monde… Quand on repense aux tuk tuk se faufilant dans Delhi, aux milliers de motos de Saïgon ou d’Hanoï, aux bus de nuit de Bolivie, aux embarcations négligées qui flottent péniblement sur le Mékong, aux trains portes ouvertes indiens, aux bus népalais … Il y a une bonne étoile pour les voyageurs…

L’activité de la région est l’industrie hydroélectrique. Les torrents de montagne sont déviés dans des tunnels creusés dans les falaises. Plusieurs « >turbines sont en cours de montage. L’or des incas a été pillé par les conquistadors, mais le Pérou peut compter sur une autre richesse, elle aussi vénérée par les incas, et presque aussi précieuse que l’or: l’eau… Nous sortons de la bourgade et nous enfonçons encore un peu plus dans la jungle jusqu’au terminus d’une voie ferrée. C’est ici que la piste s’arrête aussi et nous abandonnons notre taxi. Nous sommes au milieu d’un chantier, au lieu dit Hidroelectrica. La voie ferrée qui s’arrête ici n’est autre que celle qui relie Cusco à Aguas Calientes! Il ne nous reste donc qu’à la suivre, nous avons fait le tour par l’autre sens. Et en train pensez-vous? Ho non, il n’y a que deux trains qui passent ici par jour et celui de l’après-midi est déjà passé. Non, nous couvrirons les 12 kilomètres à pied, c’est notre Chemin de l’Inca! Nous prenons quelques forces en dinant dans une gargote aménagée le long des rails en compagnie des ouvriers du chantier.

Puis nous endossons nos sacs à dos en entamons notre trek. Nous sommes partis léger, trois petits sacs à dos avec juste le nécessaire pour trois jours. Après 300m, la voie ferrée s’arrête??? Tiens nous nous sommes trompés? Non, un petit sentier grimpe sec quelques dizaines de mètres vers la voie supérieure. Et les copains qui nous avaient dit que c’était tout plat… Ho, voilà justement un train qui manœuvre! C’est sans doute le train de l’après-midi qui a du retard, mais nous ne cédons pas à la tentation de faire le chemin… de fer… et poursuivons notre marche en saluant les voyageurs du rail. Nous n’avions jamais imaginé que pour se rendre au Machu Picchu il fallait traverser la jungle! C’est une heureuse découverte. Nous longeons une torrent qui n’est autre lui, que le Rio Urubamba. Oui, celui qui traverse si paisiblement la Vallée Sacrée des Incas. Ici il se fraie un chemin entre des gros rochers et ses eaux sont tumultueuses. Qu’on me donne seulement un kayak ou un raft… La balade est vraiment agréable, il fait bon, pas trop chaud et le paysage est magnifique. Un sentier longe la voie ce qui nous évite de devoir tout le temps marcher sur les cailloux du ballaste ou sur les biles. Parfois les rails enjambent de jolis petits torrents qui descendent des montagnes.

 

 

 

 

 

 

Pause pipi pour Lilou qui s’installe en bordure de forêt pour son petit besoin. Tout va bien jusqu’au moment où il faut se rhabiller et reprendre la route… Quelques fourmis rouges ont profité de l’arrêt pour s’installer confortablement dans le pantalon de notre puce et profiter du transport… Je vous laisse deviner la suite…  Rien à faire, il a fallut que Lilou se redéshabille complètement du bas, sur la voie ferrée cette fois…, et secouer pantalon, culotte, chaussettes et chaussures pour en chasser les passagers clandestins!!! Pauvre choutte! Nous croisons quelques groupes de randonneurs et rencontrons un couple de jeunes belges d’Anvers bien sympas. L’Urubamba s’est calmé et s’étale dans une large anse. Sur la rive opposée nous découvrons des terrasses incas perdues dans les palmiers et bananiers. Plus loin un pont métallique enjambe la rivière. Les gorges se sont élargies ici et le soleil pénètre jusqu’au fond.

Machinalement, en traversant le pont, Benoît jette un œil vers le ciel et le sommet des falaises qui lui font penser aux gorges à l’Ardèche… Mais qu’est ce que c’est que ces constructions tout là-haut, sur le bord supérieur de la falaise… Mais oui, ce sont des terrasses incas! Et là, cette petite construction au toit en pointe qui les surplombe… Mais oui, c’est la silhouette particulière de la Hutte du Gardien!! Mais… mais… mais alors… mais c’est le Machu Picchu!!! Nous sommes juste en dessous du Machu Picchu!?!?!?! Nous n’en distinguons que les terrasses inférieures mais nous pouvons maintenant voir le but de notre quête, la Cité Perdue des Incas est là-haut!

Cette vision nous donne du courage et nous repartons de plus belle. Encore une bonne heure de marche, deux petits tunnels à traverser et voici enfin la gare d’Aguas Calientes, notre terminus pour aujourd’hui… Ouf, nous avons marché 3 heures. Les cuisses accusent le coup. Mais il faut encore trouver un hôtel, et les rues (2!) d’Aguas Calientes sont bien pentues… Il faut dire que cette petite ville semble sortie de nulle part, perdue dans la végétation, coincée entre les falaises au détour d’un méandre de la rivière. Passage obligé vers le Machu Picchu, on peut résumer l’endroit à une gare, une station de bus – navette vers le Machu, des hôtels des restos, des boutiques à touristes et c’est tout! Aucun charme dans ses hôtels construits les uns sur les autres au bord du torrent. Le patelin doit son nom aux sources d’eau chaude présentes en haut du village. Et en parlant d’eau chaude, nous sommes bien contents de trouver une chambre avec douche chaude pour un tarif pas trop élevé dans cette attrape touristes géante! Petit repas le soir en ville avant de gagner nos couettes de bonne heure. Demain lever à 5h30 pour enfin atteindre notre but… Fameuse journée de voyage mais nous ne regrettons vraiment pas notre choix… Allez, plus qu’un dodo avant de voir ce fameux Machu Picchu de très près…

 Publié par à 19 h 15 min

  Une commentaire à “16-5 A la découverte de la Cité Perdue des Incas…”

  1. Oh oui,je l’entends encore d’ici mon petit papou adoré.C’est rrraaammmmm résonnent ds mes oreilles ;-)
    Bonne continuation pr arriver au Machu Picchu.Bizzzzz

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