juin 202013
 

Il y a tellement de monde qui se rend au Machu Picchu, que pour être un peu tranquille dans sa visite et réellement profiter du site, il y a tout intérêt à venir tôt le matin ou en fin d’après-midi, avant ou après les hordes de touristes qui suivent au trot le petit drapeau coloré maintenu en l’air par leur guide… Nous avons choisi tôt le matin! Réveil très difficile à 5h30… Nous montons dans le bus navette un peu après 6h et après 20 minutes de lacets sur la piste de terre que tu te demandes comment ils ont fait pour la creuser, nous débarquons aux guichets d’entrée. Ça y est, nous y sommes, nous allons enfin découvrir cette merveille du monde, un moment que nous attendons depuis 18 mois!… C’est alors que:… zut, on a oublié les tickets à Cuzco… Mais non, ils sont bien là, c’est une grosse farce pour vous tenir en haleine pendant les deux secondes d’attente entre le clic de souris sur << lire la suite>> et le moment ou le reste de l’article s’affiche… Trop comique Benoît…

Nous passons les guichets sans file, nous ne sommes pas les premiers mais il n’y a pas grand monde. Il fait encore obscure, le soleil n’a pas encore atteint le sommet des montagnes environnantes. Nous sommes complètement entourés de petits sommets couverts d’une épaisse végétation. Seules quelques plaques de falaises trop verticales sont à nu. Il fait étrangement calme et silencieux… Nous empruntons le sentier « >d’entrée du site mais tournons directement à gauche, contrairement au sens habituel de la visite, pour grimper à travers les bambous un escalier qui mène aux terrasses supérieures… Le sentier débouche sur une terrasse panoramique… Voilà, ça y est, …ce n’est plus une image, …ce n’est plus une photo dans un magazine de voyage, …ce n’est plus un poster sur le mur d’un restaurant latino, …ce n’est plus un rêve… Devant nous en contrebas s’offre à notre vue le Machu Picchu, La Cité Perdue des Incas… Même émerveillement que pour le Taj Mahal, l’Anapurna, Iguazu, la Grande Muraille, la Cité Interdite, Angkor ou le Perito Moreno… Même moment de grâce comme suspendu dans le temps… Même étreinte dans le cœur, même joie profonde, même larmes qui submergent les yeux… C’est juste magnifique… Alors on avance un peu plus loin en essayant de décrocher quand même de temps en temps son regard pour voir où on pose les pieds. On trouve un petit coin juste pour soi, même si on est entouré d’autres visiteurs qui ont bizarrement eux aussi un problème avec leur yeux si grands, si ronds et si humides… On s’assied dans l’herbe humide, les pieds pendants sur les pierres du mur de la terrasse. Et on attend… Ce qui est bien quand on arrive tôt le matin, avant le soleil, c’est que l’on assiste à un spectacle d’une pudeur magnifique. La belle dame est allongée, dormant sur une étroite crête entre deux sommets. On n’ose pas la réveiller et on parle tout bas pour ne pas troubler son sommeil. Il règne une ambiance d’église, mêlée de respect et de recueillement… Soudain, un premier rayon de soleil passe la crête des montagnes de l’est et vient allumer la pointe de la couche, le sommet du Wayna Picchu. Doucement, la lumière descend vers la dame, atteint ses pieds et remonte le long de tout son corps en lui prodiguant sa douce chaleur. Les parties nues de son corps, faites de blocs de pierre finement ciselés et emboîtés s’allument les unes après les autres et scintillent comme de l’or. La lumière poursuit doucement son avancée, nimbe maintenant toute la dame, grimpe sur les terrasses et vous inonde également de ses bienfaits. C’est alors tout le site qui chatoie au soleil levant et salue l’arrivée d’un nouveau jour de mille feux… On peut alors se lever et saluer respectueusement la dame fraichement éveillée. Et avec toute la pudeur d’un être surpris dans un moment d’intimité, elle vous invite à venir la visiter…

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Le cité inca demeura inconnue des conquistadors et resta dans l’oubli jusqu’au début du XXème siècle. A l’exception de quelques aventuriers allemands dans les années 1860 qui auraient pillés le site, seuls quelques Quechua connaissaient l’existence du Machu Picchu, jusqu’à ce que l’historien américain Hiram Bingham le découvre en 1911. Bingham cherchait en fait la cité perdue de Vilcabamba, le dernier bastion de Manco Inca dont nous avons parlé précédemment. L’historien américain dressa un plan succinct du site totalement envahi par la végétation. Il revint en 1912 et 1915 pour le dégager. Les recherches se poursuivirent en 1934 par l’archéologue péruvien Luis E Valcarel puis en 1940-41 par une équipe américanisme-péruvienne. En dépit des études, on ne sait encore vraiment quelle fonction occupait Machu Picchu. Quoi qu’il en soit, l’exceptionnelle qualité du travail de la pierre et l’abondance des ornements attestent que la cité fut un important centre cérémoniel.

Après notre contemplation, nous avons visité le site jusque dans ses moindres recoins. Il est très agréable de circuler dans les ruines, entre temples, maisons, bains, palais et terrasses. Ces fameuses terrasses bâties jusqu’au bord de la falaise. Ce site est magique et nous ne voyons pas passer les heures. Vers 10 heures les premiers grands groupes de visiteurs arrivent et il devient un peu plus difficile de circuler à son aise. Nous avions prévu de redescendre à pied de passer une seconde nuit à Aguas Calientes et de reprendre le chemin inverse pour rentrer à Cuzco mais nous changeons d’avis. Nous redescendrons en navette pour profiter encore une heure de Machu Picchu! Il fait grand soleil et c’est si bon d’admirer le site installés paisiblement sur un des terrasses supérieures…

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C’est vraiment à contre cœur que nous nous forçons à prendre la navette qui nous ramène dans la vallée. Un petit saut à l’hôtel pour récupérer nos sacs puis direction la gare. Nous avions réservé hier des tickets pour le train de 13h37 à destination de Ollantaytambo. Cette petite ville nous avait tellement charmé que nous avons décidé d’y passer la seconde nuit. Nous prenons place dans un wagon vistadome! Ça veut dire qu’il y a des fenêtres dans les côtés du toit pour observer… le paysage?! C’est assez luxueux! Nous avons droit à une boisson, un petit lunch, une animation folklorique d’un « monstre » local, et clou du spectacle, un défilé de vêtement en laine d’alpaga! Le tout réalisé et présenté par les trois membres d’équipage… Mais nous avons quand même le temps d’admirer le magnifique paysage des gorges de l’Urubamba. Deux heures plus tard nous atteignons Ollanta (pour les intimes…). Nous remontons de la gare vers le centre ville et cherchons un hôtel. Trouvé sur la place principale à bon prix. Nous passons le reste de l’après-midi à nous promener dans la ville et à jouer aux petits bateaux dans les canaux. Pour le 4 heure, nous nous rendons à La Esquina, un petit café pâtisserie sur le coin de la place. Nous nous installons à table et le tenancier vient nous accueillir bien gentiment avec une bonne poignée de main et un grand sourire! Il est trop sympa cet homme là, il nous met à l’aise de suite, comme si nous étions de fidèles clients! Nous passons un agréable moment en dégustant les délicieux brownies maison, la tarte aux pommes et un vrai bon café. Les enfants se lient d’amitié avec le tenancier, Ridert. Il est tellement gentil et sympa que nous décidons de venir prendre le petit déjeuner ici demain matin. Petit repos à l’hôtel puis sortie pour le souper au restaurant Hearth Café. C’est le resto d’une association qui œuvre pour une meilleure nutrition des enfants et une meilleure condition des femmes des hauts plateaux. On y mange très bien et on donne ses sous pour une bonne œuvre, joindre l’utile à l’agréable… Nous sommes assez fatigués après ces derniers jours très chargés, nous ne trainons donc pas à rejoindre nos lits. Nous nous couchons et nous endormons en pensant encore au magnifique Machu Picchu… Quelle belle journée…

 Publié par à 11 h 16 min

  6 commentaires à “17-6 Le Machu Picchu…”

  1. Vos récits et vos photos sont tout simplement magnifique, quel plaisir de vous lire, bonne continuation à vous.

  2. L’émerveillement est toujours intact et ça, c’est magnifique. Quand on lit que tu as les larmes aux yeux, Ben,on a envie de te serrer dans nos bras… et te dire: « Que t’es mamé mon p’tit picchu! » (ok je suis définitivement renvoyé!).
    Sur ce, le récit relate tellement bien les émotions qu’on en oublie de regarder les photos qui , bien sûr, sont magnifiques.
    A bientôt les amigos…
    PS: Question que plusieurs se posent: est-ce que les lamas crachent vraiment????

  3. Que dire après une telle prose !!!
    Tu écris un livre en rentrant !
    Quelles belles émotions sincères et prenantes , décidément vous nous donnez beaucoup en exprimant ce que vous vivez , et les photos , quel bonheur .
    MERCI.
    Gros bisous à vous 4
    Michèle et Denis

  4. salut les Kempe’s!

    Une petite heure pour rattraper mon retard de lecture après une semaine de vacances! … Des paysages et des photos magnifiques! … merci de partager tout cela avec nous!! J’ai particulièrement apprécié la balade en taxi-piste: « même pas peur! »
    Ici, tout est normal: 2 jours de canicule et d’orages pour revenir à des maxima de 14/15°, les examens sont terminés pour quasi tout le monde (Résultats la semaine prochaine) … et le carnet des JDS est arrivé dans les boîtes au lettres! :-)

    Méga gros bisous à vous 4, … et n’hésitez pas à boxer votre budget: vous serez ça plus vite rentrés! :-)

    A bientôt les 4 as!

  5. Coucou les kempe,
    Waouw,mais comme c’est bien raconté ….on s’y croirait vrmt! C’est tt simplement magnifique et grandiose.Ça donne juste un peu euh…vraiment envie d’y aller.
    Quel bonheur de vs lire une fois de plus :-) Ttes ces images et ces écrits remplis d’émotions,j’adore et ça me donne mm la chair de poule ;-)
    Profitez,profitez car les jours diminuent…. Biz à vs 4 de ns 4 :-*

  6. Encore une fois un super récit à la Benoît
    En lisant vos aventures j’avais en même temps dans un coin de ma tête des images des aventures de Tintin et le temple du soleil que nous aimions beaucoup quand nous étions petits (tu t’en souviens Be on se déguisait même en Zorrino :-) ); la longue marche en compagnie de Zorrino, la découverte de la cité sacrée, l’éclipse du soleil puis celui-ci qui réapparait petit à petit (comme dans ton récit), la seule chose qui manque c’est le lama qui crache :-) que de souvenir de notre enfance !!!

    Toute émue à la fin de ton récit, je lis les commentaires et surtout celui de Dan et je fini en un éclat de rire suite à son ènième jeu de mots,  » trop bon Dan »

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