juin 282013
 

Les incas, les incas… toujours les incas… Mais cet empire, aussi glorieux, riche et incontournable qu’il ait été, n’a finalement duré qu’à peine un siècle! La civilisation inca fut précédée d’autres civilisations également de première importance qui méritent aussi d’être connues. C’est la raison de notre passage à Trujillo. Alors aujourd’hui nous embarquons dans une machine à remonter le temps et partons à la découverte des civilisations précolombiennes… Allez, c’est parti… Brrrrrr clong cling tic tac tic tac whiiiiiiiiiiizzzzzzzz… (c’est la machine à remonter le temps qui démarre…) 8000 av. JC. Oups! On est remonté un peu trop loin… Premières traces de présence humaine au Pérou: des chasseurs cueilleurs dans les hauts plateaux du centre. Poussons un peu plus loin whiiiiiiiiiizzzzzz… 3000 av. JC. Premières cultures de pommes de terre, de fruits, de quinoa; le lama l’alpaga et le cochon d’Inde sont déjà domestiqués. Encore un peu plus loin… whiiiiiiiiizzzzzz… 1000av. JC. Des communautés des hauts plateaux et du littoral s’unissent derrière des croyances en des divinités communes… whiiiiiizzzzz… 200 av. JC. Sur la côté sud, la civilisation de Nazca commence à tracer sur le sol d’immenses figures (géoglyphes) qui ornent toujours le désert (mais que nous n’avons pas été voir…) whiiiiiiiizzzzzz… 200 ap. JC. La civilisation Tihuanaco s’impose dans la région du lac Titicaca, de la Bolivie et du nord Chili, elle dominera pendant 4 siècles. Mais dans le nord du pays, près de la ville actuelle de Trujillo, une autre civilisation débute la construction de temples en forme de pyramide. Ce sont les Mochicas… Nous laissons notre Kempedelorean (comme Marty et Doc dans Retour vers le futur…) et partons à la découverte de cette peuplade… Nous avons un guide, Pedro, qui nous commente la visite en français s’il vous plait! La civilisation Mochica ou Moche, a prospéré sur la côté nord du Pérou entre 100 et 700 ap. JC. Nous avons atterri près du site de la Huaca del sol et la Huaca de la Luna « >( temple du soleil et de la lune). Elle se distingue entre autre par la qualité de ses céramiques. Nous visitons le musée et admirons en effet de nombreux récipients (cruches…) représentants des hommes, des animaux, des plantes… Cet art est très joli et les poteries sont d’une finesse exceptionnelle. Nous y apprenons aussi un peu plus sur la culture moche. Ces hommes maîtrisaient à merveille l’irrigation, ce qui leur a permis de développer l’agriculture dans cette région désertique. Toute la côté du Pérou est de nature désertique et seules quelques rivières, descendant des hauts plateaux de la Cordillère, traversent ce désert avant de rejoindre l’océan. Il avait une religion animiste: des hommes avec des caractères d’animaux. Ils pratiquaient des cérémonies de combats qui se terminaient par des sacrifices humains, afin d’éviter le courroux des dieux et la fertilité des cultures. Nous aimons beaucoup l’art moche!

Après le musée très intéressant, mais où les photos sont interdites, nous nous rendons sur le site des Hauca (temples). Les moches « >maîtrisaient la construction en brique d’adobe. Il s’agit d’un mélange composé d’argile, de sable, de coquillages et d’eau. Le mélange est mis en forme de briques, puis laissées sécher au soleil. Avec ces briques, ils ont construit une série de temples dont l’empilement a formé d’immenses pyramides. Sans que l’on en connaisse vraiment la raison, après environ un siècle, le temple était complètement rempli, avec des briques, élargi et sur cette base était bâti le temple suivant, plus grand que le précédent qu’il couvrait totalement. Pedro nous guide dans la visite du temple de la lune. Si on n’y prête attention, cette pyramide ressemble plutôt à une simple montagne de sable! Mais à y regarder de plus près, on distingue en effet des murs de briques abîmés par le temps, la pluie et couverts par le sable du désert. Nous pénétrons à l’intérieur de la pyramide par le sommet. Les fouilles ont débuté ici en 1991 et « >sont toujours en cours. Nous observons maintenant très clairement les murs de briques formant l’enceinte, mais aussi les centaines de milliers de briques qui emplissaient les étages inférieurs, les anciens temples. C’est absolument incroyable, ils remplissaient complètement le temple avant de reconstruire par dessus. Au moins, cette technique a l’avantage d’avoir préservé les anciennes constructions! Et les archéologues, en évacuant les tas de briques, découvrent des structures bien conservées. Le problème est que la pyramide est inversée, du plus petit temple en bas vers le plus grand au dessus; qu’on ne peut évidement pas démonter tout un temple pour accéder au suivant en dessous. Il y a 6 niveaux, 6 temples. Nous sommes tout au dessus de la pyramide. Beau point de vue sur tout le désert, le site des Huacas et au loin l’Océan Pacifique. Mais à nos pieds, nous admirons de magnifiques murs garnis de bas reliefs peints. C’est la représentation de la principale divinité qui y est représentée: un visage terrifiant entouré de « pattes » (pieuvre, méduse?) ou de vagues « >(l’eau, l’océan??). On a retrouvé de nombreux tombeaux dans les différents niveaux, remplis de bijoux, de poteries et de tas d’objets qui ont permis d’en apprendre beaucoup sur la civilisation. Les tombeaux sont d’ailleurs les seules traces laissées par les civilisations précolombiennes qui ne connaissaient aucune l’écriture. Perdo notre guide nous explique énormément de choses et en plus est très sympa, un excellent guide! Nous nous rendons compte de la chance que nous avons de visiter ce site. Non seulement pour sa qualité, mais aussi parceque les recherches sont loin d’être terminées ici. Nous nous sentons un peu comme des archéologues et d’ailleurs Sacha y trouve une nouvelle vocation: il sera archéologue; mais sans lâcher son attirance pour l’eau et la mer: archéologue sous-marin! Si tout va bien dans quelques années nous vous annoncerons qu’il a retrouvé le navire La Licorne ou encore la légendaire cité de l’Atlantide!!!… Vas-y mon gars, plonge et creuse…

La visite se termine devant la façade du temple, la partie visible de tout le peuple: 90m de large sur 30m de haut! Chaque niveau de cette façade triangulaire représente des personnages en bas relief peint. C’est grandiose! Nous somme vraiment privilégiés, la restauration de la façade et sa « >présentation au public date de l’année passée! Le temple Huaca de la Luna était dédié aux cérémonies, mais 400m plus loin se dresse une autre pyramide, semblable, la Huaca del Sol qui elle était dédiée à l’administration. Les fouilles y sont en cours et on ne peut le visiter. Mais on y a déjà retrouvé d’innombrables tombeaux qui présagent bien d’autres découvertes et connaissances de cette fameuse civilisation. Entre les deux temples se trouvait la ville, et là aussi des fouilles sont en cours. Nous terminons cette visite archéologique passionnante en découvrant les étranges chiens nus des Mochicas. L’espèce a perduré jusqu’à nos jours. Ce sont des chiens sans poils! Bizarre et il faut le dire pas très beau les toutous… On dirait des cochons!

Whiiiiiiizzzzzz la Kempedelorean nous ramène à l’hôtel Colonial le temps de prendre un léger dîner, puis nous repartons dans le temps…

Whiiiiizzzzz… Nous voici de l’autre côté de la ville, dans une autre époque, à l’entrée d’une antique cité… Après la civilisation Mochica, c’est la « >civilisation Chimu qui s’est imposée dans la région. Ici se dressait en 1300 la plus grande cité que l’Amérique précolombienne ait jamais connu, la plus grande cité en adobe du monde: Chan Chan. Après la visite du musée qui nous présente ce peuple, nous roulons en camionnette à travers un paysage de petits monticules de sable. Ces petits talus sont les restés de la cité, désagrégée par la pluie et couverte par le sable. La ville de Chan Chan mesurait 28km2 ! Les travaux de fouilles ont permis de mettre à jour 9 palais. Un d’entre eux, le plus petit est restauré et ouvert au public. Nous pénétrons dans un palais de sable, entouré d’une enceinte de 10m de haut sur 5m de large. Une seule porte donne accès à l’intérieur du palais et nous pénétrons sur une large place ouverte. Les murs de contour sont couverts de bas reliefs: des lignes horizontales sur toute la hauteur et en dessous une frise avec un motif animal qui ressemble à un écureuil. C’est très beau. Au centre de « >la place se dresse une estrade où devait avoir lieu des sacrifices. Au bout de la place, un plan incliné et une autre estrade réservée aux dignitaires. Nous parcourons ensuite toute une série de galerie à travers le palais. Le plus frappant ce sont les bas reliefs qui ornent les murs. On y retrouve un motif triangulaire qui représente le filet de pêche et qui couvre de nombreux murs. Il y a aussi, toujours en bas, des frises avec d’autres représentations animales: poissons, oiseaux; ou des motifs géométriques. Waouw! C’est immense!

 

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Puis voici un grand bassin qui procurait de l’eau au palais et ou on faisait pousser la totora, vous vous souvenez, la sorte de jonc des îles Uros au lac Titicaca… La visite se termine au tombeau d’un seigneur. Il y avait été enterré avec de nombreuses objets en céramique mais d’autres personnes apparemment de son entourage l’ont accompagné dans l’au delà puisque toute une série d’autres tombeaux entourent le principal. Visite impressionnante aussi et très intéressante. Les sites des Huacas, de Chan Chan ont été abandonnés et les civilisations Mochica et Chimu ont disparus au profit d’autres. On explique ces disparitions en les mettant en rapport avec le phénomène climatique El Niño qui sévit ici. Il s’agit d’une perturbation des courants marins qui provoque une fluctuation de la température de surface de l’océan. Ce phénoménale est cyclique, environ tous les 2 à 7 ans. El Niño peut durer jusque 2 ans et provoque des pluies torrentielles et par conséquent des inondations sur la côté péruvienne. Imaginez donc les effets de ces pluies et inondations sur des villes bâties en terre… On va plus loin en rapprochant le cycle d’El Niño avec les cycle des constructions des pyramides à étages Mochica. Les sacrifices rituels avaient peut-être comme objectif d’éviter le courroux des Dieux et les pluies diluviennes. De nos jours aussi, le phénomène El Niño provoque de véritable catastrophe. En 1998 et en 2003, un déluge s’est abattu pendant des mois sur la côté nord du Pérou, détruisant la plupart des infrastructures de la région (routes, ponts et même villes entières…), ainsi que la quasi totalité des nombreuses cultures côtières. Et comme si cela ne suffisait pas? la région est également sujette aux tremblement de terre! Pour terminer cette journée archéologique, la Kempedelorean nous emmène à Huanchaco , petite ville côtière, retour en 2013. Ici perdure une technique ancestrale de pêche. Les pêcheurs se fabriquent un espèce de radeau pointu en totora, franchissent à la rame en bambou la barre des vagues et partent pêcher plus au large. On appelle ces embarcations les « caballitos de totora » (petits chevaux en roseau) en rapport aux mouvement de chevauchée des vagues. Les caballitos de totora étaient déjà représentées sur les céramiques mochicas vieilles de 2000 ans! C’est intéressant de comparer ces embarcations d’un autre temps avec les surfs modernes en polyester qui ont envahi la plage et partent eux aussi à l’assaut des rouleaux du pacifique… Retour enfin à Trujillo en fin de journée. Repos bien mérité, nous sommes éreintés! Pour finir notre voyage historique, revenons une dernière fois sur la suite. Dans la région de Cuzco, dès 1100, une civilisation de langue Quechua issue d’éleveurs d’alpages des Andes, transforma sont territoire originel en un empire parfaitement structuré qui s’étendait de la Colombie au Chili: les Incas. Du fait de leur contact direct avec les Espagnols, les Incas constituent la culture précolombienne la mieux documentée, non seulement à travers les chroniques des conquérants mais aussi par les écrits de certains de leurs descendants. En 1532, les conquistadors espagnols débarquent et conquièrent en quelques dizaines d’années tout le sous continent, pillant et ravageant tout sur leur passage… Nous ne serions complet en ajoutant que la course continue toujours entre archéologues et huaqueros (pilleurs de tombés) dans le nord du pays. Bien des sites ont été pillés, bien de richesses et de témoignages des magnifiques civilisations précolombiennes ont donc disparu! Mais grâce aux découvertes, aux fouilles et aux recherches, nous en avons déjà appris des choses!!!

 Publié par à 14 h 42 min

  3 commentaires à “26-6 Mochica… Chimu… Inca…”

  1. Pas possible: vous avez pris un historien dans votre valise qui rédige vos aventures sur ce blog! Que c’est bien écrit encore une fois et quelle précision: un vrai cours d’histoire on line!
    Et si on activait votre machine à remonter le temps quelques mois en arrière… qu’on serait sur le quai des Guillemins à vous faire coucou en larmes! Comme le temps passe vite!
    J’ai rêvé de vous cette nuit: vous arriviez devant ma maison en décapotable.Vous n’aviez pas changé!
    On vous attend et le premier verre à la cave à vins sera à votre santé la semaine prochaine!
    Biz et profitez bien de vos derniers instants!

  2. au départ, la statue habillée en costume de l’époque, j’ai cru que c’était encore Be qui s’était déguisé :-)
    j’ai du y regarder à 2 fois avant d’être certaine que ce n’était pas lui !!!

    à très bientôt maintenant pti frère

    • Non tante Fa : ton frère est beaucoup plus poilu des genoux et ne met pas des sandales genre « string pour pied ». De plus, pour les cheveux longs, la nature ne joue plus en sa faveur sur ce plan-là depuis quelques années!
      Mais t’inquiète Ben, on a quand même hâte de te revoir! Cependant, il est vrai qu’une petite blague du genre te ressemblerait à merveille… ;)
      Biz à tous les Kempe, les tantes Fa, So et tout et tout…

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