juil 242013
 

Alors aujourd’hui, dans la série « c’est la dernière fois que… », voici la dernière excursion et une excursion à cheval… A cheval… sur l’équateur… Nous nous rendons en transport en commun (oui encore un bus…), à une bonne vingtaine de kilomètres de Quito, au site La mitad del mundo, là où passe exactement la ligne de l’Équateur terrestre.

Dans les années 1730, une importante controverse agite le monde scientifique de la vieille Europe et en particulier l’Académie des sciences de Paris… Deux hypothèses s’affrontent quant à la forme exacte du globe terrestre: les Newtoniens soutenaient l’hypothèse d’Isaac Newton selon laquelle la terre ne serait pas une sphère parfaite mais aurait une forme de mandarine, aplatie aux pôles et enflée à l’équateur; et les Cartésiens, adeptes des Théories scientifiques de Descartes prétendaient quant à eux au contraire, que la terre avait plutôt une forme de citron, aplatie au niveau de l’équateur et enflée aux pôles. Deux expédition furent donc organisées en 1735 afin d’élucider ce mystère: une partit près du pôle nord en Laponie pour y effectuer des calculs au niveau du cercle arctique; et une autre partit dans la région de Quito, qui faisait alors partie du Pérou et endroit où l’équateur est à sa plus haute altitude, afin d’y mesurer l’arc de courbure d’un méridien. L’histoire retiendra avant tout le nom du scientifique français Charles Marie de La Condamine qui sauva du désastre l’expédition au Pérou qui après bien des péripéties fini par obtenir la mesure de 3 degrés du méridien de Quito. Les résultats confirmèrent ceux de l’expédition polaire en faveur de la théorie de Newton.

Des travaux et calculs effectués dans leur région et ayant permis de déterminer la position exacte du « milieu de la terre », les autochtones « >gardèrent une grande fierté et lorsqu’en 1830 le pays se sépara définitivement de la Gran Colombia (ce qui mît un terme au rêve de Simon Bolivar qui avait réuni en un seul pays les actuels Venezuela, Colombie et Équateur…), c’est assez logiquement qu’ils donnèrent à la nouvelle patrie le nom d’Equateur. Quant à La Condamine, il entreprit en 1743 son voyage de retour en France qui débuta par la descente du fleuve Amazone. Il fut ainsi le premier scientifique à descendre le fleuve et à en dresser la carte. Il effectua également de nombreuses observations et descriptions de la faune et de la flore, ramena de nombreux échantillons en France et permit ainsi d’en apprendre beaucoup plus sur ce milieu extraordinairement riche.

Pour compléter ces aspects historiques, sachez que c’est Francisco de Orellana qui fut le premier européen à descendre le grand fleuve en 1541. Il avait été chargé d’aller chercher des ravitaillements pour un des contingents de Gonzalo Pizarro (un des frères de Francisco). Mais lorsqu’il se rendit compte que la jungle luxuriante des berges du fleuve Rio Napo (un des affluents de l’Amazone) cachait peut-être d’extraordinaires richesses, Orellana ne tarda pas à abandonner sa mission première pour chercher de l’or. C’était l’époque où les conquistadors espagnols parlaient des cités d’or légendaires, et Orellana n’avait qu’une obsession: découvrir El Dorado! Cinq mois après le départ, les bateaux d’Orellana atteignirent un grand village décoré à l’effigie de « féroces lions ». L’un des villageois expliqua que ces sculptures représentaient la femme qui gouvernait la tribu. Par la suite, lorsque son bateau fut l’objet d’un impitoyable assaut, Orellana se convainquit que de farouches guerrières avaient mené l’attaque. Il baptisa ensuite le fleuve en référence aux amazones, les mythiques guerrières de la Grèce antique. Lorsqu’il atteignit l’océan atlantique, près de 8 mois après son départ, il avait abandonné depuis longtemps sa quête de l’or. Aujourd’hui encore on commémore l’événement en Équateur le 12 février…

En ce 23 juillet 2013, les Kempe terminent quant à eux leur exploration du sous-continent sud américain et par la même occasion leur « >exploration du monde, par le site de La Mitad del Mundo. Il n’y a rien d’exceptionnel ici mais la visite du parc mérite le déplacement ne serait-ce que pour le symbole, l’importance historique et la photo: un pied dans chaque hémisphère. Et puis c’est assez symbolique aussi de terminer notre tour du monde sur la ligne équinoxiale de la planète… Un monument de 30m de haut surmonté d’un globe terrestre de cuivre se dresse au milieu du parc. À son pied, une ligne jaune représente l’équateur. C’est un moment assez spécial de se prendre en photo à cheval sur la ligne, c’est une des photos que nous avions prévues de longue date… La visite du musée ethnographique qui se fait à la descente de la tour est assez intéressante mais ne vaut pas les 9$ que nous avons payé en sus de l’entrée du site. Nous y découvrons néanmoins les nombreuses peuplades qui occupent le pays. L’Équateur est un pays vraiment culturellement très riche et nous y reviendrions bien une autre fois pour poursuivre nos découvertes et notamment du côté de la forêt amazonienne. En attendant nous poursuivons la visite du parc avec un pavillon dédié aux insectes, « >puis le pavillon français très intéressant. On y relate l’histoire de l’expédition de La Contamine, on y explique l’importance de ses calculs, on y apprend que ses travaux ont aussi permis d’établir le système métrique. Après ce cours de géographie, mathématique, histoire et astronomie tout en un très intéressant, cours d’éducation physique dans la plaine de jeu! Le cours se termine prématurément car Lilou s’ouvre le menton… Heureusement ce n’est pas trop grave, juste une petite entaille qui ne mérite pas de point de suture et qui ne dévisagera pas notre miss. Elle se fait gâter par l’infirmière du poste de secours qui lui pose délicatement un petit sparadrap magique. Ouf, nous pouvons poursuivre notre excursion.

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Monsieur de La Contamine, aussi savant qu’il fut, s’était quand même planté de quelques dizaines de mètres dans ses calculs pour déterminer l’emplacement exact de la ligne qui sépare les hémisphères!!! Donc le site de la Mitad del mundo est vraiment plus symbolique qu’autre chose… Bien des années plus tard, on a mis à jour dans la région 5 sites datant de la culture Quitus, les premiers habitants de la région qui ont donné son nom à la capitale. Il s’est avéré que ces 5 sites étaient situés sur un même alignement… et que cet alignement correspond exactement à la position réelle de l’équateur!!!!! Si La Contamine avait su… Les Quitus connaissaient donc grâce à leurs observations du cycle solaire l’existence d’une « ligne » virtuelle qui correspondait au zénith du soleil, là où l’astre ne projette pas d’ombre aux équinoxes. Bien sûr ils ne savaient pas que « >la terre est ronde et que cette ligne partage le globe en deux, mais ils s’en servaient pour déterminer avec une extrême précision l’heure, la date, les saisons, le calendrier et rythmer ainsi les périodes de plantation, de récolte, de fête des équinoxes…

C’est tout cela que nous découvrons en visitant le musée Inti Ñan, situé à quelques centaines de mètres du parc précédent. Une autre ligne y est tracée sur le sol, le vrai équateur cette fois! Et en compagnie de notre guide Paola, nous nous livrons à quelques expériences insolites, interpellantes et uniquement possible sur la ligne « magique ». D’abord nous découvrons qu’il est possible sur l’équateur de faire tenir un œuf sur une tête de clou! Surprenant mais expliqué par le fait que dans les hémisphères, les objets subissent une attraction vers le pôle; sur l’équateur ces forces s’annulent et le jaune se positionne au centre de l’œuf ce qui permet l’équilibre, cqfd! Autre effet, le changement de pression atmosphérique et d’attraction perturbé l’équilibre: nous avons du mal à marcher en équilibre sur la ligne en fermant les yeux; et nous pesons environ 1 kg de moins! Et puis l’expérience que nous attendions depuis longtemps: l’eau qui tourne dans un sens ou dans l’autre suivant l’hémisphère… Alors vous y croyez ou pas?!?! Nous, nous doutions fort et nous avions tenté l’expérience avant de partir, donc dans l’hémisphère nord, puis en Australie dans l’hémisphère sud. Résultat: le tourbillon de l’eau tournait dans le même sens dans le fond de l’évier lorsqu’on tire le bouchon! Et ici? Première expérimentation avec un bassin que l’on vide exactement sur la ligne de l’équateur: l’eau s’écoule tout droit, sans tourbillon… étonnant! Même expérience en déplaçant le bassin de quelques mètres seulement au nord: un tourbillon se forme dans le sens horloger! Et enfin même chose en déplaçant le bassin de quelques mètres seulement au sud: un tourbillon se forme dans l’autre sens! Bluffant!!! Digne des expériences de Jamy et Fred dans leur camion…

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Vraiment très intéressant ce musée ethnographiquo-scientifique. Il est temps de prendre le chemin du retour vers la ville: 1h30 et un nouveau difficile dernier trajet en trolley over-sur-bondé en cette heure de pointe. Nous avons passé une excellente journée sur l’équateur. C’était une excellente dernière excursion. Après un bon souper nous nous installons pour une soirée cinéma XMen avant de s’endormir.

Plus que 3 dodos… Tic tac tic tac… On décompte en profitant des dernières heures. Vendredi matin à 7h c’est le départ: premier vol Quito – Lima, puis Lima – Madrid, puis Madrid – Londres, 6 heures d’attente avant de prendre l’Eurostar vers Bruxelles puis enfin un dernier train vers Liège Guillemins que nous atteindrons à 21h samedi soir après 29h de voyage… Beau programme en perspective et 7 heures de décalage qu’il faudra rattraper! Alors si vous passez par les Guillemins samedi soir, venez donc nous faire un petit coucou…

 Publié par à 18 h 01 min

  Une commentaire à “23-7 La Mitad del Mundo…”

  1. Bonjour vous 4,

    Avec un peu de retard bon anif. Sophie …

    Voilà que cela se termine SNIGFFFF mais que va-t -on pouvoir lire ?

    Merci pour tous vos moments, vos aventures partagées avec autant de brio , quel bonheur de vous lire et quel plaisir de vous voir ainsi évoluer autour de notre si jolie planète .

    Nous espérons qu’il y aura une suite, par exemple la sortie d’un livre avec le recul de l’après voyage , les conseils pour ceux qui veulent suivre vos traces et que sais-je encore….

    Bon retour au bercail sans doute , difficile , mais indispensable , avec probablement une autre vision du quotidien et du rapport aux autres .

    Bon retour à vous 4 et sans doute à bientôt .

    2 lecteurs assidus
    Michèle et Denis

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